‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 420 sur 980 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

de cette expression, répond à la pins petite taille de l’humanité. Autant qu’on en peut juger par une photographie, le type exprimant le vrai Aïnos, celui que nous avons reproduit, planche II, fig. 5, est petit. Cependant les Saghaliens mesurés par Rollin, durant l’expédition de Lapeyrouse, avaient lm,67.

Les moyennes les plus précises que nous possédions sur les Chinois sont les 26 de l’expédition de la Novarci lm,63 et les 150 de M. Brigham 1 m ,645. En Indo-Chine, grâce à nos chirurgiens de marine, elles sont plus nombreuses. En voici quelques-unes :

Indo-Chine.

300 Moïs .

(Neis) .

Siamois .

Birmans .

40 Laotiens civilisés .

(Ilarmand) .

10 Sauvages du Laos .

Annamites .

Tsiams .

(Mondières) . . . .

256 Annamites de 25 ans et plus.

11 en résulte qu’à part quelques groupes qui s’élèvent au-dessus de lm,60 et même de lm,65, la majorité est de petite taille. Ce sont des variations de moyennes, comme celles qu'on observe en Europe autour du chiffre de lm,65 à lm,67, sauf que l’axe ici est abaissé vers lm, 59 à lm,60.

Si de l’Indo -Chine on se porte vers l’Inde, on rencontre les insulaires de Nicobar mesurés par les naturalistes de la Novara à lm,63, les Karens de l’embouchure de l’Irrauâdy à lm,64 (Mason), les Khassias de l’Assam à lm,62 (Steel), puis les Lepchas de Bhotan, c’est-à-dire toujours des tailles très au-dessous de la moyenne.

Dans la péninsule indienne proprement dite, trois influences se dessinent sur la taille : 1° un courant du nord-ouest, venant du côté par lequel pénétrèrent, avant et après l’ère chrétienne, les Ariens représentés aujourd’hui parles Sikhs du Pendjab et les Itadjpouts dont la moyenne dépasse lm,70 (L. Rousselet) ; 2° le courant venu du nord-est qui est représenté d’une manière générale par la population parlant les langues dites dravidiennes, par exemple, par les 25 mesurés à Chingleput par le Dr Shortt et même les 100 de la même ville qu’il appelle des Hindous citadins, lesquels ont lm,64 ; 3° la population locale, issue plus ou moins directement des prétendus pygmées de Gtésias et des noirs des forêts à tête de singes des poèmes delà conquête aryenne, dont la dénomination linguistique est de Moundas et que représentent les Juags d’Orissa lm,56 (Shortt), les Irulas et Kurumbas des Nilghiris lm,57 et lm,54 (Shortt), les Yeddahs de Ceylan lm,53 (Bailey), et les Mulchers de la côte de Cochin 1 m ,52

TAILLE EN ASIE

[Cranta ethnica). On rencontre du reste dans l’Inde des individus plus petits qui par atavisme répondraient davantage aux noirs primitifs, tels que ce Hô ou Lerka vu dans les Vindhyas par M. Rousselet. De même y a t-il des groupes de tailles élevées que l’on ne peut rattacher aux Ariens et qui restent à interpréter. Tels sont les Dumbers, espèces de nomades, de lm,69, qu’on regarde volontiers comme les congénères des Tsiganes émigrés de l’Inde vers le onzième siècle (13 Bohémiens lm,74, de Ujfalvy), et les Todas des Nilghiris de lm,727 suivant M. Marshall.

L’Asie, partout où l’on cherche à éclairer le problème de ses races par un caractère ou par un autre pris à part, comme la taille, présente la plus grande difficulté. Elargie en tous sens et le centre du plus vaste amas de terre qui soit sur le globe, les races s’y sont rencontrées, mêlées, croisées, exterminées et remplacées en toute liberté. L’Inde prise entre deux mers et la plus haute chaîne de montagnes du globe, fermée aux deux seuls endroits où l’on puisse y pénétrer par des fleuves, se tamisant en deltas insalubres, avait quelques chances encore de présenter des races relativement distinctes. Toute la région de l’Asie dont il nous reste à parler est sans défense. Le Caucase, le point où il y aurait quelque espérance de retrouver des types bien circassiens, a été le refuge de toutes les populations vaincues, précisément parce qu’elle est la seule partie défendue de la région.

Les plaines du Turkestan, la région intermédiaire dont nous avons parlé, ne sont qu’un vaste champ de course. La taille s'y élève et, si nous avions des renseignements précis sur ces pays, j’ajouterais : en faisant suite à l’élévation de taille moindre que l’on retrouve sur la même ligne de l’ouest à l’est dans l’extrême Asie. Nous ignorions ce fait, les mensurations de M. Ujfalvy comblent la lacune. Les Galtchas des environs de Samarcand sur les pentes du Pamir, que I on considère comme les descendants des Iraniens ayant eu le moins de chances de se laisser modifier par des influences étrangères, ont dans sa liste la plus faible taille lm,668 chez 58 sujets. Les Tadjicks du Ferghanah (lm,69) et de Samarkand (lm,70), qui sont aussi des descendants des Iraniens, mais avec plus de chances d’avoir été altérés, sont au contraire les plus grands. D’autre part, les groupes se rattachant à la race mongole, suivant les opinions répandues, sont plus grands qu’on ne s’y attendrait : 74Usbecks ont lm,679, les Kirghis-Kaïsak lm,662, les Mandchoux lm,687, les Dounganes lm,698, les Tarantchis lm,67, et enfin les Kara-Kirghis lm,705. Je ne veux pas discuter quelles sont parmi ces populations, celles qui sont plus ou moins mongoles par 1 histoire, la langue et les caractères physiques autres que la taille. Je constate seulement que leur hauteur à toutes est considérable pour des races asiatiques, et j’en conclus qu’une race de haute taille a joué un rôle important et probablement très soutenu dans ces parages. Mais d’où serait-elle venue ? De l’est, c’est peu probable,

Page 1