CHAPITRE XIV
départ? Était-ce autre chose que des nomades d’un genre particulier, vivant de gloire et de rapine ? Immobile au-dessous d’eux, fixée au sol, agriculteur sans doute, existait d’une extrémité à l’autre aussi de l’Europe, la masse qu’ils entraînaient çà et là, mais qu’ils ne pouvaient anéantir. C’étaient les Celtes, si l’on s’en tient à notre pays, les Celto-Slaves (Strabon) si l’on a égard à leur continuité anthropologique par le centre de l’Allemagne, avec leurs congénères au delà (1). Où étaient-ils auparavant? Nous avouons l’ignorer absolument. On ne les retrouve pas au temps du renne ;
Fig. 49. — Aire géographique des anciens Celtes, d’après Lagneau ( Dict . encycl. sc. méd. — Anthr. de la France). Les points sont plus rapprochés dans les centres principaux.
leur type a de lointaines ressemblances avec le plus répandu en Asie ; un crâne de Gatcha rapporté par M. de Ujfalvy était absolument celui de l’un de nos Savoyards.
De ce qui précède se déduisent les dénominations les plus appropriées à donner aux deux races principales que l’on découvre au temps de César et que l’on suit loin dans le passé jusque vers le xve siècle avant J.-C. Le mot de Celtes est à conserver pour la masse principale de César. A. Thierry appelle les autres Kimris , parce qu’à la période post-cambrienne de l’histoire du pays de Galles, les légendes désignent sous ce nom les
(1) « Dans les temps les plus reculés les habitants des deux côtés du Rhin portaient le nom de Celtes » (Dion Cassius, Histoire Romaine). « L’Ister, ou Danube, prend sa source dans le pays des Celtes» (Hérodote). Voir dans Y Encyclopédie des sciences médicales les articles Celtes et France , par M. Lagneau.
TAILLE EN FRANGE
blonds hauts de taille qui ont présidé à ces légendes. On aurait aussi bien pu les appeler Belges comme a fait César. Leur vrai nom devant l’histoire, ce sont les Galates ou Gaulois; c’est sous ce nom que les guerriers qui régnaient sur les Celtes se sont répandus en Asie, à Rome, à Delphes; c’est par leur description donnée par les auteurs latins et grecs que nous connaissons le type de leur race appelée mal à propos Kymri. Ce terme a l’inconvénient d’assimiler toute notre race blonde du nord aux Cimbres et auxCimmériens, ce qui peut être exact, mais est contesté par quelques-uns.
Fig. 50. — Migrations historiques des Blonds, d’après Lagneau, — Kimmeriens, Cimbres, Galates ( Dict . encycl . sc. méd. — Anthr. de la France ).
Modifiant la phrase de César, nous dirons, en somme, qu’à son arrivée en Gaule, il y avait trois races : la race gauloise, la race celtique et la race aquitaine, méridionale ou ibérique.
Statistiques militaires. — Tenon et Lelut sont les seuls qui se soient livrés chez nous à des mensurations méthodiques de la taille sur la population civile. Tous nos documents à partir de Villermé portent sur la population militaire, et en particulier sur les conscrits de 20 ans, lorsque le développement n’est pas encore terminé. On a objecté que les matériaux ainsi recueillis par l’administration ne présentent pas toutes les garanties voulues, que la taille, aux alentours de la limite réglementaire, est mesurée avec soin, mais qu’au-dessus on se montre très facile, l’administration n’ayant pour objet que de répartir les sujets entre les différentes armes (1).
(1) Le tableau ci-après de Broca ne manque pas d’intérêt. C’est d’une part la série admi-