CHAPITRE XIV
devant le conseil de révision, qui commence par en séparer les défauts de taille, puis les infirmes et défectueux de santé, et atteint le chiffre demandé du contingent; le reste, c’est-à-dire ce qu’on appelait les bons numéros, étaient renvoyés chez eux. 11 y a donc plusieurs quantités, auxquelles on peut comparer les exemptés par défaut de taille, ou les hautes tailles : les 100,000 hommes demandés, le nombre des examinés, c’est-à-
Fig. 51. — Les chiffres, dans chaque département, indiquent la proportion des tailles au-dessus de lm,732 par 10,000 recrues. Les 36 départements blancs : de 1,560 à 694. Les 48 gris : de 686 à 316. (Boudin, Mém. Soc. anthr., série I, t. II, p. 230.)
Errata : Seine, 787 et non 187.
dire des mauvais numéros qui passent devant le conseil, avec ou sansdéduction des engagés antérieurement, et la totalité de la population ayant atteint cette année les 20 ans réglementaires. Tous les systèmes ont été employés.
Ce qui complique la question pour les petites tailles et change absolument les chiffres proportionnels, c’est la taille réglementaire minimum.
Paul Topinard.
Planche IV
Anthropologie générale -P. ^83.
Graoe par E.Moriett/, b 5 r. T'avin/. Pans.
A. Dolaluiye et E .Lecrosrrier , Editeurs .
lmp. Herijuet- Pins
TAILLE EN FRANCE
En France, de 1832 à 1868, elle était de lm,56 ; en 1868 et après, de lm,55 ; elle est depuis 1872 de 1 m , 5 4 . Les statistiques de Boudin, Broca, Guibert, sor» de la première époque, celle de M. Chassagne de la dernière.
Boudin ouvrit la voie par ce procédé, en s’adressant d’abord aux exemptés pour défaut de taille comparés au nombre des examinés, puis aux tailles de lm,73 et au-dessus des cuirassiers et carabiniers comparés au total des recrues de l’année. Avec ces proportions il dressa deux cartes de la France par département, Tun par conséquent pour les petites tailles, l’autre pour les grandes. Nous reproduisons la seconde, qui est plus fidèle c’est la contre-partie de celle de Broca, dont nous parlerons tout à l’heure et qu’elle confirme (fi g. 51). Éa proportion maximum des hautes tailles, notée par Boudin pour 1,000 conscrits, est de 156,0 pour le Doubs, et la proportion minimum de 31,6 pour la Haute-Vienne. Si l’on oppose les proportions des hautes et des basses tailles, en prenant la moyenne des 8 départements extrêmes pour les premières, et la moyenne des mêmes départements pour les secondes, voici ce qu’on obtient :
Proportion pour 1000.
. Au-dessous De 1.73 et
de 1.56. au-dessus.
Doubs, Côte-d’Or, Jura,r Haute-Marne . 30.6 123.8
Haute-Vienne, Corrèze, Puy-de-Dôme, Dordogue. 161. (1) 38.7
Les proportions sont inverses, comme on le voit et se confirment.
La première statistique de Boudin, dans laquelle il établit la proportion des petites tailles est de 1857; sa carte des hautes tailles est de 1863. Entre les deux, Broca, en 1859, reprenant les premiers chiffres de Boudin, en dressa une carte nouvelle dans laquelle les départements sont partagés en trois teintes d’après la proportion des petites tailles ; le clair donnant le minimum, le foncé le maximum et le gris les intermédiaires. Ayant reconnu quelques erreurs dans les chiffres de Boudin, venant de l’administration, et ayant obtenu des relevés d’autres années, en 1866 il refit sa carte en la faisant porter sur une période trentenaire, de 1831 à 1860.
C’est elle qui fait l’objet de notre planche IV hors texte. Nous y avons apporté une légère modification : les 10 départements de la zone claire ou kymri de Broca donnant la plus faible proportion de petites tailles, sont colorés en rouge; les 12 départements de la zone foncée ou celte de Broca donnant la plus forte proportion de petite taille, sont colorés en bleu. Ce qu’on peut traduire ainsi : les départements rouges sont ceux où la taille est la plus élevée en France, les départements bleus sont ceux où elle est la plus basse. On peut considérer cette carte comme le document le plus important, le seul même que nous possédions sur la répar-
(1) S’il y a une différence ici avec le chiffre que j’ai donné dans mon Étude sur la taille , c’est que là j’ai pris les chiffres du deuxième mémoire de Broca et qu’ici je prends ceux du mémoire même de Boudin.