CHAPITRE XIV
petites tailles donne les mêmes résultats relatifs que le système par la taille moyenne.
Cette répartition des deux races, l’une de haute taille en Bretagne, à la périphérie, l’autre de petite taille au centre, avec deux poussées au sud, l’une vers Plougastel, l’autre vers Quimperlé, est conforme à ce que nous apprend l’histoire.
3Fig. 52. — |Proportion des ajournés par défaut de taille, sur 1000 inscrits des classes 1874- 1878 inclusivement. — Cantons blancs : hautes tailles. Cantons noirs : petites tailles. Cantons gris : tailles intermédiaires (A. Chassagne, Revue d'anthr ., 1881, p. 440).
Lors de l’invasion de Hu le Grand le long des côtes de l’Océan vers le sixième siècle avant notre ère, la première ou la seconde dont fasse mention l’histoire (la première au treizième ou quatorzième siècle), les conquérants de haute taille qu’il conduisait durent laisser quelquesuns des leurs dans l’Armorique habitée comme le reste de la France par les Celtes, petits. De même au troisième siècle lorsque la grande invasion dont les Belges faisaient partie, en même temps que les Cambriens passaient la Manche et s’installaient en Angleterre, une fraction semblable pénétra jusqu’en Armorique. Il ne semble pas toutefois que les deux groupes aient été nombreux, car la répartition précédente des deux races bretonnes montre clairement que la masse principale de haute taille est venue par mer. En effet les Cambriens avaient changé de nom en Angleterre, et étaient devenus les Brytains ou Bretons, lorsque les Pietés du
TAILLE EM FRANCE
Nord, les Angles et les Saxons envahirent l’Angleterre et les repoussèrent les uns à l’ouest dans le pays de Galles, et les autres au sud-ouest dans la Cornouaille anglaise. C’est de là que du quatrième au cinquième siècle suivant Procope, ils partirent par groupes successifs et débarquèrent dans l’Armorique, à laquelle ils donnèrent leur nom, en repoussant peu à peu les indigènes au centre et au sud de la presqu’île.
Fig. 53. — Tailles moyennes par canton, des classes de 1874-1878 inclusivement.
(A. Chassagne, Revue d' anthr., 1881, p. 441.)
Ce genre de cartes rend de grands services à l'anthropologie. Il se répand, mais en règle générale chacune n’est bonne que par elle-même. La taille minimum réglementaire différant dans la plupart des pays, la façon de procéder dans les conseils de révision n’étant pas toujours la même et les auteurs ne prenant pas constamment le même terme de comparaison, on ne peut en comparer strictement les données; du moins faut-il s’enquérir minutieusement auparavant des conditions dans lesquelles elles ont été construites (1).
(1) Boudin, Traité de géographie et de statistique médicale , 2 vol. Paris, 1857. — Etudes ethnographiques sur la taille et le pied de V homme , in Recueil de mém. de méd., chir. et pharm. militaires, 1863. — G. Morache, Art. Militaire , Dict. encycl. sc. méd., 1873. — Broca, Recherches sur l’ethnologie de la France, Mém. Soc. anthr., t. I, p. ï, 1859. — Nouvelles recherches sur V anthropologie de la France et de la basse Bretagne en particulier, Mém. Soc. anthr., t. III, p. 147, 1866. — Sur la prétendue dégénérescence delà population française. Deux mémoires. Bull. Acad. -méd., 1867. — Lagneau, Art. Celtes et France, Anthropologie , in Dict. encycl, des sc. méd., 1873 et 1879. — Guibert, Sur l’anthro-