LINNÉ
mifères, qui se divisent cette fois en sept classes, et le mot d’anthropomorphes par celui de primates. Voici la distribution de ces derniers sous forme de tableau :
ORDRE DES PRIMATES (Linné).
H. Férus (sauvage).
1 « American us.
c ) « Europœus.
/ Sapiens . \
[ 1 « Asiaticus.
1» Homo) [ « Asser (Nègre).
! \ « Monstruosus (anormal).
\ Sylvestris ou Troglodytes : Orang, etc.
2° Simia : Singes.
3° Lemurs.
4° Vespertilio (Chauves-souris).
En négligeant les lémurs et les chauves-souris, dont la place parmi les primates ne s’explique ici que par le système de classification employé par Linné, ce tableau est conforme aux idées professées par Broca
à l’Ecole d’anthropologie pendant cinq ans. Voici du reste le tableau auquel les recherches de mon vénéré maître le conduisaient, et qu’il eût inévitablement publié s’il avait vécu :
ORDRE DES PRIMATES (BrOCa).
1° Anthropomorphes .
\ A. Homme.
( B. Anthropoïde.
2° Singes
^ A. Pithéciens ou singes de l’ancien continent. ( B. Cébiens ou singes du nouvean continent.
Ce rapprochement m’épargne tout commentaire. Pour Linné comme pour Broca, le troglodyte ou anthropoïde est, au point de vue morphologique, plus rapproché de l’homme que des singes véritables. Insistons sur la pensée de Linné.
c Je ne puis découvrir, dit-il, de différence entre l’homme et le troglodyte, quoique toute mon attention ait porté sur ce point, à moins de prendre des caractères incertains (1) ». Et pourtant il ne méconnaît nullement l’importance du volume du cerveau, de la station bipède et de la parole comme caractères humains, ni du blastème à la mâchoire supérieure, de la membrane clignotante, de la longueur des mains, etc., comme caractères simiens.
« Jusqu’à présent, répète-t-il ailleurs, je n’ai pas réussi, comme naturaliste et en me conformant aux règles, à découvrir de caractère distinguant l’homme des grands singes, car il y en a parmi ceux-ci qui sont
(1) System. Naturæ , 10e édit., en note.