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POIDS DE L’ENCÉPHALE. — PROCÉDÉS DE PESÉE

\i6nt du piocédé suivi. Ou croit, sans doute, qu’il n’y a que deux systèmes. avec ou sans les membranes. Les divergences vont bien plus loin.

La méthode ordinaire, celle de Broca par exemple, est la suivante. Il tranche le bulbe rachidien à sa partie inférieure, laisse égoutter l’encéphale dix minutes au plus, sur la table ou sur un linge pour qu’il ne se déforme pas, et pèse aussitôt sans enlever les membranes. Ce n’est qu’ensuite pour peser les hémisphères et les lobes dont ils se composent, qu’il enlève celles-ci sur les hémisphères seulement. Bischoff procède de même tout au moins pour 1 encephale total , il laisse égoutter un peu moins peutetre et pèse de suite. Parchappe n enlève pas non plus les membranes En revanche, Tiedemann, Lélut et Galori les retirent; sur la totalité de l’encéphale ou sur le cerveau seul? c’est ce que je ne puis dire. Quelle différence en peut-il résulter? Est-ce de 20 grammes environ, comme semblent l’indiquer les faits de G. Bastian, Bischoff et Bra, qui évidemment admettent que l’on opère rapidement sans donner le temps au cerveau de se dégorger et aux ventricules de se vider? Ou bien de 45 à 50 grammes comme dans les chiffres de Broca, Weisbach et Huschke?

Les procédés les plus divergents sont celui de Boyd et, si je ne m’abuse, de tous les Anglais, et celui de Weisbach. Le premier coupe le cerveau par tranches verticales, de façon à faciliter l’écoulement de la sérosité, mais en conservant les membranes; le déficit de 20 grammes dus aux membranes n’existe pas, mais il y en a autant, sinon plus, à invoquer par le fait de la sérosité. Le second réunit tout contre lui pour abaisser le poids général; il ne comprend pas le bulbe rachidien dans sa pesée, il enlève toutes les membranes, même sur le cervelet et la protubérance, et ouvre largement le ventricule pour que la sérosité s’échappe (1). Cependant si on laisse de côté le raisonnement qui voudrait que les pesées de Boyd soient de 25 grammes trop faibles, on trouve qu’elles concordent passablement avec celles de Bischoff et de Broca, si bien qu’on se laisse aller volontiers dans certains cas à les réunir à elles. Avec les pesées de Weisbach il en est tout autrement, le déficit est si grand qu’on ne peut en faire usage ; il comprend d’abord les 52 grammes en moyenne indiqués par l’auteur pour les membranes et la sérosité, puis le poids du bulbe estimé à 13 grammes par B. Davis et qui est d’environ 7 grammes dans les registres de Broca; toutefois les pesées de Weisbach comparées à ellesmêmes conservent toute leur valeur.

C’est du reste une règle générale à adopter dans les questions délicates: il ne faut faire intervenir, lorsque c’est possible, que des pesées obtenues par la même main. Quelle que soit l’attention à suivre le procédé prescrit, on en diffère toujours par quelque petit détail. C’est la source de ce qu’on appelle l’écart ou l’erreur individuelle.

(l) Suivant M. Sappey, il n’y a pas de liquide, à proprement parler, à l’état normal dans les ventricules, il n’y a qu’une humidité en quelque sorte.

Topinard, — Anthropologie. 33

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