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CHAPITRE XV

à la taille est donc le complément des chiffres absolus. En voici la liste calculée avec les tables de Boyd :

Rapport du poids de l'encéphale à la taille ou relation de la croissance des deux. — Taille = 1000.

Hommes.

Femmes.

Nouveau-nés . . . .

A 3 mois .

3 à 6 mois .

6 à 12 mois .

1 à 2 ans .

ïO à 30 — . . . .

Il en résulte 1° que le volume de l’encéphale par rapport au corps (ou à la taille) est un peu moindre à la naissance qu’à la période de 20 à 30 ans; 2° que chez la femme à la naissance, l’encéphale plus petit que chez l’homme d’une façon absolue, plus petit par rapport au poids maximum de l’âge adulte, est plus petit aussi par rapport au corps ; 3° que dans les deux sexes le poids relatif de l’encéphale grandit jusqu’à la période de 2 à 4 ans, c’est-à-dire que sa croissance est plus rapide que celle de la taille ; 4° que cette croissance relative est moindre chez la femme ; 5° qu’après la période de 2 à 4 ans, la taille prend peu à peu l’avantage tandis que l’encéphale croit moins relativement.

La double proposition de M. Owen doit donc être ainsi modifiée : 1° le cerveau humain ne croît plus rapidement que la taille que dans les premiers temps de l’existence jusqu’à la période de 2 à 4 ans; c’est ensuite le contraire; 2° les dimensions du cerveau relativement au corps ne sont pas plus grandes à la naissance qu’à l’âge adulte, l’avantage est plutôt en faveur de l’adulte. L’époque de la prédominance relative de l’encéphale sur le corps s’étend de la période de 3 à 6 mois à celle de 7 à 14 ans et a son maximum de 2 à 4 ans. A ce moment la nutrition cérébrale excédant proportionnellement la nutrition du corps, l’encéphale doit être plus exposé à des accidents; ce serait une phase critique.

Terme de l’accroissement. — Attachons-nous aux périodes adultes et cherchons le terme naturel ou ordinaire du développement cérébral sous le rapport du poids. Sœmmering semble ici avoir pris à tâche de démontrer les bévues auxquelles on arrive en se contentant de quelques faits; il disait que la croissance de l’encéphale est terminée à 3 ans. W. Hamilton, Wenzel et Tiedemann portèrent ce terme de 6 à 8 ans, Sims avant 20 ans, Huschke avant 30 ans, Parchappeet Broca de 30 à 40 ans, Gall et Spurzheim vers 40 ans, R. Wagner de 30 à 50 ans. La question est assez importante par sesconséquences physiologiques pour que nous l’examinions

POIDS DE L’ENCÉPHALE, SUIVANT LES AGES

de près. Le premier document est celui dont se servait Broca, sa liste épurée des cas rassemblés par Wagner ; le tableau ci-après est celui qu’il développait à ses cours de l’École d’anthropologie.

Poids de V encéphale d’après Wagner, épuré (Broca).

HOMMES. FEMMES

Au-dessous de 10 ans .

N05 des cas.

Poids

moyen.

Nos

des cas.

Poids

moyen.

11 à 20 ans .

Au-dessus de 60 ans .

Le maximum brutal s’y trouve, chez l’homme comme chez la femme, dans la phase de 11 à 20 ans, de même qu’il était dans la liste précédente de Boyd chez les deux sexes de 14 à 20 ans, de même qu’il s’était présenté dans la statistique antérieure de Sims avant 20 ans (statistique du reste incluse dans la liste de Wagner, épurée ou non). Cette répétition acquiert une certaine valeur, bien qu’ici encore le nombre de cas laisse à désirer. Broca toutefois n’en tirait pas la conclusion que Sims y a vue; ce n’était à ses yeux qu’un accident, le résultat d’une mortalité, de préférence sur les enfants dont l’encéphale s’est développé trop vite. Deux cerveaux en particulier, chez les garçons, le confirmaient dans cette opinion, l’un de 1,732 grammes, l’autre de 1,610 grammes; et il ajoutait : « N’est-ce pas une observation vulgaire que les enfants qui ont de trop grosses têtes meurent le plus souvent à l’âge adulte, comme l’a si bien exprimé l’auteur des Enfants d'Edouard dans ce vers devenu classique :

Quand ils ont tant d’esprit, les enfants vivent peu.

C’est un phénomène semblable à celui que nous avons constaté pour la taille, et qui nous a poussé, à la suite de considérations diverses, à formuler la proposition suivante : Toute croissance exagérée d’organe, qui place le sujet au-dessus de la moyenne normale de son âge, le met dans des conditions défavorables de résistance aux causes de mortalité. D’où, dans le cas de la taille, une mortalité sur les plus grands qui a pour effet, parfois, d’abaisser induement la moyenne, et de faire croire à une évolution descendante qui n’existe pas. Il en serait de même du cerveau après la violente poussée qui quelquefois élève si singulièrement le sommet de la courbe vers cet âge.

Ce maximum étant un effet de mortalité, il faut passer outre et chercher plus loin, là où un nouveau sommet, souvent le seul, se rencontre,

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