CHAPITRE XV
énorme encore jusqu’à quatre ans. Un ralentissement se produit alors comme pour la taille; puis une reprise dont l’insuffisance des documents ne permet pas de fixer le moment exact, mais que j’ai tout lieu de placer aux approches de la puberté et dans son cours. Cette reprise tend à amener le développement maximum vers 20 ans et un arrêt ensuite. Pourtant la croissance, peu sensible il est vrai, se continue jusque vers 30 à 35 ans, mais d’une quantité si faible que le sommet donné par le hasard des chiffres avance ou recule légèrement sans que cela tire à grande conséquence.
Gram?
Fig. 57. — Courbe du poids de l’encéphale par périodes de cinq ans. Hommes de 15 à 80 ans
de Broca et Bisclioff.
M. Goldstein arrive, du reste, par le calcul des probabilités et avec mes propres chiffres, à admettre que de la période de 15 à 20 ans à celle de 45 à 50, les deux pentes du toit sont si faibles, si fortuites, qu’il y a lieu de considérer l’intervalle comme un plateau. J’accepte volontiers cette manière de voir, mais en ne faisant commencer le plateau qu’à 20 ou 21 ans.
Le maximum del’accroissement ou son terme final sur la majorité des individus, étant admis de 30 à 35 ans, que se passe-t-il après ?Dans l’hypothèse
POIDS DE L’ENCÉPHALE, SUIVANT LES AGES
d’un plateau et non d’un sommet, où est la crête opposée à celle de 20 ans ?
A partir de 35 le nombre des gros cerveaux venant à l’autopsie diminue ; de 50 à 60 ils redeviennent plus nombreux dans un grand nombre de statistiques ; après 50 ans la décroissance est évidente et rapide, par rapport aux petites différences sur lesquelles on raisonnait auparavant. Cependant quelques gros cerveaux viennent encore échouer çà et là à l’amphitliéâtre. Dans la période la plus sénile, en pleine décadence moyenne la plus évidente, on en retrouve encore qui tendent, jusqu’à la période ultime, à relever induement la courbe, comme nous l’avons vu par deux fois déjà.
Fig. 58. — Courbe du poids do l’encépliale par périodes de dix ans. Hommes de 15 à 80 ans
de Broca et Bischoff.
Mais dans toutes ces recherches on se heurte à des irrégularités quelquefois navrantes. Pour avoir la preuve directe de cette évolution et de ses différences étonnantes suivant les individus, il faudrait pouvoir peser le même cerveau d’année en année et à son défaut mesurer la même tête. On n’oubliera pas, du reste, que les encéphales sur lesquels portent nos investigations n’appartiennent qu’à une même classe de la société, celle qui fréquente les hôpitaux.
L’atrophie en définitive n’est rendue manifeste par les statistiques qu’après 60 ans. De 60 à 70 l’encéphale revient à son poids d’avant 15 ans; si l’on prend la liste de Boyd, il a 13 grammes de moins que de 7 à 14, et 51 de moins que le poids maximum atteint; avec la liste de Broca au même âge de 60 à 70, il a 67 grammes de moins que de 14 à 20 ans, et