Les hommes qui habitent la Suède sont
a. Les Goths, de haute taille, aux cheveux blancs et droits, à l’iris d’un bleu cendré ;
fb Les Finnois, bien musclés, aux cheveux longs et jaunâtres, l’iris foncé ;
y. Les Lapons, au corps grêle et petit, aux cheveux noirs, droits et courts, l’iris de l’œil noirâtre ;
8. Divers croisements de a et (i et les immigrés en Suède comme on en voit par toute l’Europe. »
N’est-ce point là de la méthode naturelle, c’est-à-dire la caractérisation d’un groupe par plusieurs de ses traits les plus frappants?
Tant que Linné se maintient sur le terrain de l’observation des objets et reste fidèle à sa nature éminemment analytique, il mérite tous les éloges. Mais dès qu’il s’élève à des considérations générales, et cherche l’origine et l’enchaînement des choses, l’homme de foi perce. « Rien de ce que Dieu a créé ne se détruit, dit-il ; il ne se crée plus d’espèces, il ne s’en est jamais éteint. Tout se tient, les plantes ont été créées pour les animaux, et ne peuvent à leur tour vivre sans eux. Le monde périrait s’il venait à manquer une espèce à l’harmonie universelle. » C’est la doctrine des finalistes remontant à Galien, dans son livre de YUsage des parties. Mais laissons la parole à Linné.
« Lorsqu’on examine les œuvres de Dieu, il est évident que tout ce qui a vie se reproduit par un œuf, et que tout œuf produit un être exactement semblable à ses parents... Les individus vont en augmentant de nombre par la génération, il y a donc plus d’individus de chaque espèce