‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 476 sur 980 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

cependant on pourrait déjà résoudre la question de l’éducation ordinaire. Ne ferait-on que distinguer ceux sachant lire et écrire de ceux ne possédant pas ces premières notions ; ou ayant acquis des connaissances diverses au delà, fréquentant les sociétés de chant, faisant partie de celles de gymnastique, ayant un métier déterminé, cultivant la terre, etc. , ce serait un commencement. Nous citerons tout à l’heure des cas exceptionnels de gros cerveaux chez des individus s’adonnant à des travaux purement musculaires. Il serait facile, avec les cerveaux venant des hôpitaux, de savoir si le degré de vigueur générale, de force développée dans la profession, a quelque influence sur la quantité de substance cérébrale, comme le prétend M. Manouvrier et comme le portent à croire les données nouvelles delà physiologie cérébrale. Mais les hôpitaux ne suffisent pas. Il nous faut les cerveaux de ceux qui se font habituellement soigner chez eux. Les journalistes, les médecins et avocats, les savants, ne sauraient pas avoir le même cerveau que les officiers de l’armée, les marins, les artistes ou les industriels.

Si l’influence de ces professions était à déterminer sur la croissance de la taille, à plus forte raison sur celle de l’organe de la pensée et de l’action volontaire. Une Société encouragée par Broca a été fondée, il y a quelques années, par Asseline, Coudereau et autres apôtres de la libre pensée, pour répondre à ce besoin et faire aboutir au laboratoire de la Société d’anthropologie les cerveaux des classes favorisées. Les préjugés sont encore trop ancrés dans la nature humaine, pour que cette Société aitproduit des travaux considérables. Mais elle prospère et un jour sans doute, après nous peut-être, nous le craignons, elle sera riche de matériaux. Jusque là, l’anthropologie, dont la mission est de faire connaître les loisdelapenséehumaine dans toutes les conditions et danstouteslesraces, et ses relations avec le substratum organique, ne peut que procéder indirectement. Il semble, en effet, que ce soit par l’étude du crâne et du vivant que l’on obtiendra les plus prompts résultats; le nombre des autopsies sera de longtemps insuffisant dans les classes éclairées et la science a plus à attendre de la craniologie. Nous reprendrons par conséquent la question plus tard, à propos de la croissance du crâne, delà relation du contenant et du contenu, du cubage et des mensurations extérieures, sur le squelette et sur le vivant.

Encéphales d’hommes d’élite. — Un petit nombre de pesées de cerveaux d’hommes célèbres à divers titres donne cependant un aperçu de ce que produit une activité intellectuelle plus ou moins au-dessus de la moyenne.

Les premiers cerveaux ainsi rassemblés furent extraits des listes de Wagner par Broca, en 1861 ; il s’agissait de ceux de Cuvier, de Byron, de Dupuytren et de cinq des collègues de M. Wagner à l’Université de Goettingue. Broca, à la suite d’un examen de l’authenticité et de la valeur de chacun, aboutit à la conclusion que le développement de fin-

POIDS DE L’ENCÉPHALE

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