‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 479 sur 980 · ALIENES · texte numérisé non relu

ALIENES

confirmé la loi que j’ai énoncée précédemment du rapport inverse existant entre le poids du cerveau et le circonvolutionnement de sa surface. Ainsi considéré, ce cas exceptionnel ne trouble en rien la proposition de Broca que le poids de l’encéphale est l’un des facteurs favorables au développement de l’intelligence, qu’il soit primitif ou secondaire à ce développement.

Aliénation mentale. — A propos de la taille, nous aurions pu traiter en particulier des maladies comme le rachitisme qui portent atteinte directement à la taille définitive. La haute importance du cerveau nous engage à ne pas négliger les lumières que peuvent apporter à la question présente non ses maladies vulgaires, mais celles que l’on englobe sous le nom d’aliénation, comme la manie, la mélancolie, la démence, et ses affections congénitales, comme l’idiotie.

Les opinions les plus contradictoires ont été soutenues sur le poids de l’encéphale dans l’aliénation. Parchappe, dans son premier mémoire, trouve que ce poids y est augmenté dans les deux sexes, de 67 grammes chez l’homme et de 53 chez la femme, et dans son second, qu’il n’y a pas de règle à établir, le poids étant tantôt augmenté, tantôt diminué. Thurnam conclut au contraire que «l'aliénation, lorsqu’elle est fatale, est liée à une diminution du poids de l’encéphale». Si l’on consulte les moyennes de Boyd et qu’on oppose ses 521 aliénés à ses 2,000 et quelques sujets sains, on ne découvre que des contradictions à chaque âge et dans les groupes suivant les sexes, ainsi qu’en témoigne le résumé suivant:

Asile de Somerset (Boyd).

HOMMES. FEMMES

Aliénés.

Sains ,

Aliénés.

Sains .

De 20 à 60 ans .

Peacock, qui a pesé 183 cerveaux d’aliénés et 315 cerveaux sains à Édimbourg et qui tient compte des âges dans le parallèle qu’il en trace, n’aboutit aussi qu’à des contradictions.

Le motif de ces contradictions est cependant facile à concevoir. L’aliénation n’est qu’un trouble extérieur appréciable dans les fonctions d’un organe complexe, un symptôme de maladies très diverses, aiguës ou chroniques, à la première ou à la dernière période, accompagnées ou non d’autres désordres de l’organisme. Ces maladies sont d’emblée ou à diverses époques de leur cours, avec excitation ou dépression, avec congestion et gonflement, ou anémie et atrophie. Il faut donc, dans la considération du poids de cerveau, distinguer avec plus de soin qu’on ne le fait le genre et la phase de la maladie.

Cà et là, cependant, on avait remarqué que le poids était parfois élevé dans l’épilepsie, mais pas toujours, ce qui tient à ce qu’elle ne se présente pas dans des conditions identiques. Parchappe avait essayé de dis-

Page 1