CHAPITRE XVII
si l’on ajoute le plomb en quantité insuffisante à la fois sans cependant interrompre l’écoulement. Le chiffre a varié dans nos expériences modifiées de diverses façons, de 8 à 60 centimètres cubes en moins lorsque l’entonnoir n’est pas tenu plein, pour une quantité de 1,000 centimètres cubes. La pression exercée par la colonne de plomb entre pour une part dans cette influence; un entonnoir dont la partie évasée est plus haute ne débite pas à la sortie du goulot la même quantité que si cette partie est plus basse; la différence toutefois est légère.
Un entonnoir tenu bien vertical, et l’orifice du goulot tenu bien au centre, tasse davantage que tenu avec la main à peu près, l’orifice incliné d’un côté. Dans ce dernier cas c’est un excès qui se produit, il varie de 10 à 30 centimètres cubes. De là la nécessité de l’opercule en bois s’adaptant à l’éprouvette que Broca prescrit pour fixer l’entonnoir. Dans certaines expériences délicates nous avons reconnu que tandis qu’un entonnoir s’adaptant bien à l’opercule donne des chiffres fixes, un entonnoir jouant un peu suffit pour apporter des différences. Voici la règle : la substance doit tomber verticalement au centre de l’éprouvette et à plus forte raison ne jamais toucher les parois de celle-ci. Cette seule règle condamne les trois quarts des prétendues méthodes de cubage dans lesquelles on prend n’importe quel entonnoir et où on le place sur l’éprouvette n’importe comment.
On voit par là combien l’opération du cubage est délicate et combien il est nécessaire, lorsqu’on a adopté une manière ou qu’on s’est rallié à une méthode, de ne pas faire d’innovation sans connaissance de cause. 11 suffit, au moment où l’on va lire sa gradation, de poser lourdement l’éprouvette sur la table pour que la substance se tasse davantage et que le chiffre exprimé diminue. Tout se réduit dans ces changements à un tassement plus ou moins complet. Soit des boulets de canon entassés dans un arsenal, pour qu’ils prennent le minimum de place, c’est-à-dire qu’ils soienttassés autantqu’ils peuvent l’être, ils doivent se toucher par 7 points ; qu’on les jette au hasard l’un sur l’autre, des vides se produiront entre eux, ils tiendront plus de place. Il en est de même du plomb et de toutes les substances avec lesquelles on cube : plus les grains se présentent les uns après les autres avec ordre et sans trop de rapidité, plus ils ont de chance de se bien répartir et de s’adapter les uns aux autres, plus ils se tassent. Les diverses conditions que nous venons de passer en revue agissent indirectement en favorisant ou non ce tassement.
Toutes ces variations attribuables aux vases et aux entonnoirs concernent spécialement la seconde opération, le cubage. L’emploi de tel ou tel entonnoir a cependant aussi son influence dans le jaugeage, mais moins, parce que là on bourre la substance, on l’ébranle de diverses façons suivant la méthode suivie. Le diamètre du goulot de l’entonnoir n’est pas indifférent; par exemple, lorsqu’au début de l’opération on remplit la moitié ou les deux tiers de la cavité avant de commencer le système des tapes ou