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CUBAGE DU CRANE. — COORDINATION DES PARTIES DE L’OPÉRATION

des bourrages. De même l’emploi d’un certain entonnoir à la fin du jaugeage, dans la méthode de Broca, règle la vitesse et la durée de l’écoulement en même temps que la durée pendant laquelle on doit

bourrer.

Si chacune des conditions que nous venons de passer en revue n’est que secondaire dansles diverses méthodes de mensuration delà capacité du crâne, en quoi consistent donc ces méthodes et à quoi reconnaît-on qu il y a méthode? A la coordination parfaite des moindres détails de l opération en vue d'un but à atteindre.

Ce but est double : l’un idéal et, comme tel, d’une réalisation difficile, est d’obtenir dans les mesures de capacité le volume réel ou absolu

de la cavité crânienne tel que le donnerait un cubage à l’abri de tout reproche avec de l’eau d’une densité spécifique de 1. L’autre, plus accessible, est d’obtenir des chiffres constants pour le même crâne quel que soit l’opérateur, et strictement comparables à ceux obtenus sur d’autres crânes par le même opérateur ou par des opérateurs différents.

Les craniologistes sont de deux sortes. Les uns acceptent les méthodes laborieusement élaborées par ceux de leurs confrères qui se sont plus particulièrement occupés de la question; les autres veulent avoir leur méthode propre ou se rendre compte de leur ligne de conduite. Ces derniers commencent par préparer un crâne dit étalon destiné à servir de terme de comparaison. Ils choisissent un crâne frais, c’est-à-dire n’ayant pas séjourné dans la terre, ni subi l’action du chlore dont abusent aujourd’hui les préparateurs d’os; ils le prennent éburné s il est possible, avec ses sutures soudées, le partagent par un trait de scie, en enduisent l’intérieur avec des mélanges divers de cire d’Espagne, de résine, de paraffine, de minium, etc., bouchent tous les orifices internes, la lame criblée de l’ethmoïde, les sinus, les trous auditifs internes, les trous déchirés, les trous mastoïdiens internes, etc., comblent les fosses cérébellomastoïdiennes causes si fréquentes d’erreur dans le jaugeage, rajustent les deux moitiés du crâne en ajoutant un cercle de fer et une vis de pression et mastiquent à l’extérieur tous les orifices pouvant permettre l’issue au dehors de la moindre parcelle de liquide.

Le crâne est alors cubé soit à l’eau distillée, soit au mercure, avec la plus scrupuleuse exactitude. C’est sur lui que 1 opérateur apprend à cuber avec la substance qu’il adopte suivant les procédés à sa convenance et avec les instruments de son choix. Il faut qu’en dernier ressort et d’une façon constante, à 5 ou 10 centimètres cubes près, il obtienne le même volume. Malheureusement un crâne étalon parfait ne laissant passer l’eau et le mercure dans aucune de ses parties est difficile à façonner. Bien des illusions existent à cet égard. Plus tard des portions de l’enduit intérieur se détachent sous l’influence du frottement des matières introduites, particulièrement avec le bourrage. J’avoue, pour ma part, que sur 7 ou 8 crânes préparés au laboratoire de Broca ou par nous, de diverses ma-

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