CHAPITRE XVII
nières, aucun ne me satisfait complètement. On finit par s’apercevoir que l’eau ou le mercure a dû s’infiltrer quelque part entre les deux lames du crâne ou dans les sinus.
S’il est difficile de répondre de son crâne étalon et par conséquent d’atteindre l’idéal vers lequel tend toute la ligne de conduite que l’on se trace, il est facile d’obtenir des résultats constants à 5 ou 10 centimètres près. Ce dont il faut se pénétrer pour cela, c’est qu’il n’y a pas de détail si minutieux et si indifférent qu’il paraisse, qui n’ait son influence parfois capitale et ne doive être fixé et formulé. Dès qu’une main saisit un instrument les muscles sont en jeu, l’individualité apparaît et les écarts sont possibles sinon entre les mêmes mains, du moins entre des mains différentes.
Dans la première partie de l’opération, celle du jaugeage, la suppression de la personnalité, c’est-à-dire de la main, est impossible d’une façon absolue. La substance ne se répartirait pas partout dans le crâne, laisserait des vides çà et là ou ne se tasserait pas également. 11 y aurait des centimètres cubes contenant deux et trois fois plus de grains que d’autres. De là la nécessité de tous les systèmes de répartition et de refoulement imaginés, les uns, comme celui des oscillations du crâne en divers sens, qui se bornent à obliger la substance à se porter vers des points où les lois de la pesanteur la sollicitent peu ; les autres comme les tapes, chocs ou coups violents sur les parois qui ébranlent toute la masse et, en déplaçant à nouveau les grains, leur donnent de nouvelles chances de se caser de façon à occuper moins de place ; d’autres, comme le bourrage avec un cylindre ou un cône de bois, produisent une succession de flots ou d’ondulations qui se transmettent de proche en proche et poussent encore les grains à s’adapter les uns aux autres de leur mieux. Tout ce qu’on peut faire c’est de simplifier le procédé, de doser en quelque sorte les tapes de la main ou les coups du bourroir, d’indiquer leur nombre ou de préciser le temps pendant lequel doivent durer les manœuvres. Dans la méthode de Broca,non seulement l’intervention estréduiteà son minimum dans cette phase critique, mais la durée de cette intervention est exactement mesurée par le temps que prend un certain entonnoir à écoulement déterminé, à verser son contenu dans la cavité béante du crâne.
Dans la seconde partie de l’opération, celle du mesurage ou du cubage, l’action de l’opérateur est de même réduite au minimum et assurément est moindre que dans toute autre méthode. La hauteur de la chute du plomb, la largeur de l’éprouvette où il roule et cherche son équilibre, le diamètre de l’entonnoir, sont prévus. Il n’y a de divergences qu’à un moment, celui où on remplit le premier litre d’étain. Pour cela on ramasse tout le plomb vers le bord de ce que Broca appelle le double-litre, on incline celui-ci de façon que le plomb n’ait plus qu’à tomber, puis d’un coup on renverse son contenu dans le litre d’étain réglementaire. En très peu de temps on acquiert ce tour de main, que toutes les personnes qui