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GONFLEMENT DE LA SUBSTANCE

viennent au laboratoire apprennent en une séance. C’est le gonflement dont nous avons parlé, il ne donne par lui-même pas plus de 5 centimètres cubes de différence, d’un opérateur ayant le coup de main voulu à l’autre.

On peut du reste remplacer le litre d’étain par une éprouvette de 1000 centimètres cubes en verre munie d’un entonnoir de 45 à 50 millimètres de goulot. L’opérateur, n’ayant plus la crainte qui le paralysait de jeter son plomb à côté, renverse facilement d’un seul coup le contenu du double litre. Toutefois nous préférons le coup du gonflement dans le litre d’étain.

Supprimer l’effort musculaire personnel est, en somme, tout le secret des perfectionnements à introduire dans les méthodes de cubage; le supprimer surtout dans le jaugeage. La même personne ne tape pas soit avec le talon soit avec la paume de la main, ou ne bourre pas de même le matin et le soir, après et avant le repas, en songeant à ses affaires ou en portant toute son attention à ce qu’elle fait, en causant ou en fumant. A plus forte raison deux personnes éloignées, qui ne se seront pas donné l’exemple l’une à l’autre, de différents âges, l’une de 60 ans, l’autre jeune peut-être, l’une pénétrée de l’attention qu’il faut apporter à l’opération, l’autre en ayant lu la description et s’imaginant qu’elle est fort simple. Les élèves qui veulent connaître la façon de pratiquer une certaine opération chirurgicale suivant une méthode déterminée en apprennent plus en voyant opérer une seule fois l’auteur de la méthode, qu’en se donnant la plus grande peine à en saisir la description dans les ouvrages. Il en est de même de la mensuration de la capacité du crâne, il faut avoir vu pratiquer la méthode que l’on veut suivre; on ne peut indiquer par écrit la force à mettre dans une tape de la main ou dans un coup de bourroir. Les 48 chocs que JVL Ranke opère sur le plancher avec sa grande éprouvette pleine sont difficiles à répéter avec le même effet ; si l’on pratique souvent cette opération, on contracte une certaine habitude; même alors et sans s’en apercevoir, on peut perdre cette habitude. Si l’on ne cube que de loin en loin, il est bien difficile de garantir qu’on a opéré de même. S’il en est ainsi pour la même personne, que dire lorsqu’il s’agit de personnes différentes ? Au laboratoire nous ne sommes parvenus à retrouver la force à donner au choc sur le plancher, dans la méthode de M. Ranke, dont nous avions perdu le sentiment, que grâce au crâne étalon que j’avais emporté de Munich.

Une méthode méritant réellement ce nom doit tout prévoir, tout indiquer. Elle constitue un tout solidaire, indissoluble, dont on ne saurait modifier la moindre partie d’une quantité quelconque, à moins que la modification apportée ne donne exactement et certainement le même résultat. La méthode se distingue de l’habitude prise, de la simple ligne de conduite qu’on se trace à soi-même. Dans la méthode, chaque détail a sa raison d’être et son explication ; une seule partie étant laissée au hasard, la méthode disparaît.

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