CUBAGE DU CRANE. — MÉTHODE DE FLOWER
fragiles et nous a permis au laboratoire de cuber des crânes que nous n’osions toucher. Ses grandes qualités sont les suivantes : l’opération est assez rapide et se fait sans fatigue; cito et jucunde. En y apportant une réglementation précise elle mérite d’être conservée.
La méthode de. Flower est un exemple du second type. On se fie d’une manière générale dans celui-ci à la constance de force des tapes de l’opérateur appliquées avec le plat de la main, aussi bien sur les parois du crâne qu’ensuite sur les parois de l’éprouvette. On s’y crée une habitude d’intensité de ces tapes, les uns n’ayant en vue que la constance du résultat final, les autres visant un volume absolu donné par l’étalon. M. Flower est dans ce dernier cas, il se sert de la graine de moutarde et ne semble pas limiter le nombre de ses tapes sur le crâne, ni sur l’éprouvette, il continue à frapper jusqu’à ce qu’en apparence tout au moins, il ne se fasse plus de tassement. Dans le jaugeage comme dans le cubage, il se sert d’un entonnoir quelconque, sans opercule qui en maintienne le goulot exactement au centre. Lorsque le crâne est plein, il presse avec le pouce le monticule de graines qui couronne le trou occipital, sans enfoncer, et comble le vide; lorsque l’éprouvette d’autre part est pleine, il en comprime la surface avec un disque de bois.
Sous mes yeux, M. Flowœr a obtenu des résultats constants à 10 centimètres cubes pris en moyenne; moi-même, répétant sa méthode, j’ai obtenu la même précision. A mon retour à Paris, chacune des personnes du laboratoire a opéré avec le même succès. Puis peu à peu et sans que nous nous en apercevions, la nature et le nombre de nos tapes se sont transformés et les divergences ont apparu. C’est le maximum de tassement ou de remplissage qui est le but dans la méthode de M. Flower, mais un maximum modéré en quelque sorte. Dès lors il y a une latitude entre ce maximum plus ou moins absolu, dans laquelle on se perd. C est l’histoire de toutes les lignes de conduite dans lesquelles les détails ne sont pas formulés, de celle de Morton, croyant avoir trouvé une méthode parfaite dans le plomb combiné au bourrage et ne s’apercevant pas qu à côté de lui son aide, agissant de même, obtenait d autres chiffres. Les moyennes par la méthode de M. Flower sont en somme, d’après nos expériences, de 75 centimètres cubes, plus faibles que celles de la méthode de Broca (1). L’objection que nous lui adressons, c’est d’exiger beaucoup de temps et d’être très fatigante pour la main.
La méthode de Hœlder, de Stuttgart, est très semblable à celle de M. Flower, sauf qu’elle emploie les petites perles et associe les bourrages aux tapes dans le jaugeage. Lorsque M. de Hœlder a terminé son remplissage, on peut en ajouter encore avec un peu plus de persévérance; son maximum n’est donc que relatif. M. Welcker préfère l’orge perlée et
(1) M. Garson, dans un travail récent, a trouvé une différence de 53 seulement. Je suppose que cette différence avec nous vient de ce qu’il a opéré avec du plomb neuf. J aborderai cette question plus loin.