CUBAGE DU CRANE. — CONVERSIONS DE SCHMIDT
le poids de l’encéphale lui-même, disait-il, les différences individuelles sont trop grandes dans le rapport de la capacité à ce poids pour qu’on puisse se servir de ce volume calculé ; nos conversions ne sont que des approximations. Il n’y a donc pas à chercher la capacité absolue ; l’anthropologie n’a besoin que de capacités constantes pour un même crâne et comparables à d’autres rigoureusement.
Qu’eût-il fait plustard?Je l’ignore. En tout cas, rien ne serait plus facile, sans toucher au principe de la méthode, que d’y apporter de légères modifications. Déjà, dans mon mémoire sur la Mensuration de la capacité du crâne d'après Broca, publié en 1882 dans la Revue d'anthropologie , j’avais prescrit de remplacer le gonflement du premier litre dans le cubage par une éprouvette de 1,000 centimètres cubes, à laquelle s’ajustait un entonnoir à goulot de 45 millimètres de diamètre. Le tour de main disparaissait et toute action personnelle était supprimée dans la seconde partie de la mensuration de la capacité crânienne. Si je n’en ai pas parlé dans les pages précédentes, c’est que j’ai reconnu depuis, que la projection dans l’entonnoir dépendait encore de la main et donnait des variations.
En ce moment, il est une autre modification considérable que j’étudie. C’est de remplacer le litre en étain et l’éprouvette de 500 centimètres cubes de Broca, par l’éprouvette unique de 2,000 de M. de Ranke, en y adaptant un entonnoir d’une espèce ou d’une autre, sur les dimensions précises duquel je ne suis pas encore fixé complètement. On terminerait ainsi d’un seul coup la seconde opération du mesurage.
M. Schmidt a dressé de longues tables de conversion des cubages de Broca en cubages se rapportant au crâne étalon qu’il a pris pour terme de comparaison et qu’il croit exact. Fort bien ! mais il eût pu facilement s’en dispenser. Il n’y avait qu’un tout petit changement à faire pour obtenir soit le chiffre jugé bon par M. Schmidt, soit tout autre meilleur. Il n’y avait qu’à appliquer les lois de la granulistique sur lesquelles Broca a tant insisté et que i’ai résumées. Je vais en donner la preuve.
Soit une masse de plomb jaugée et cubée par la méthode complète de Broca. Je la reprends et la mesure à nouveau dans l’éprouvette de 2,000 centimètres cubes de M. de Ranke. En employant successivement des entonnoirs à goulot de différents diamètres, les uns, plus petits, me donnent 100 centimètres cubes de diminution, d’autres 78, d’autres moins, jusqu’à ce que j'arrive, avec les plus grands, à retrouver le volume même de la masse cubée par la méthode Broca. J’ai varié à l’infini ces opérations.
Voici l’une de mes séries, elle porte sur 10 crânes. On remarquera que le jaugeage est hors de cause, il ne s’agit que du volume exprimé ensuite.