CAPACITÉ CRANIENNE. — DIFFÉRENCES SEXUELLES
Les Européens représentés parles Italiens, les seuls qui au Collège des chirurgiens de Londres soient en nombre suffisant (1), ne viennent dans cette liste qu’au quatrième rang. On répondra que les Italiens, il en juger par le poids de leur cerveau, sont le groupe le moins favorisé de l’Europe. Soit ; mais si aux 1467 centimètres cubes ci-dessus on ajoute les 75 centimètres cubes de différence de cubage, qu’il y a entre la méthode Flower et la méthode de Broca, le total des 1542 est peu distant des moyennes dans la liste de Broca de 1559 chez les Parisiens modernes, et de 1598 chez les Auvergnats. Les Esquimaux et Néo-Zélandais exhaussés de même auraient 1621 et 1572 et n’en conserveraient pas moins leur supériorité.
Ce chiffre élevé des Esquimaux dans la liste de M. Flower, que ne confirme pas la liste de Broca, pousse à chercher des renseignements ailleurs. La plus grande collection des crânes de cette race est en Amérique, au musée médical de l’armée de Washington et au musée Peahody de l’université de Cambridge. Les cubages en ont été faits et publiés par M. Lucian Carr. Malheureusement M. Carr ne voit la méthode de cubage que dans le choix du plomb, de la graine de moutarde ou des petits pois ; le reste lui échappe comme aux trois quarts des anthropologistes. Ses chiffres sont donc condamnés à l’isolement ; comme dans ses listes il n’y a que des cubages de races américaines, tout terme de comparaison manque. Mais M. Carr doit avoir des habitudes propres auxquelles il s’efforce de tenir et ses propres moyennes restent comparables entre elles.
Or, tandis que 178 crânes du sexe masculin de l’archipel Santa-Barbara lui donnent une moyenne de 1372 centimètres cubes, 55 Esquimaux masculins du Groenland cubent entre ses mains 1433 centimètres cubes, et 31 Esquimaux de l’Alaska 1449 (2). Les autres moyennes de l’Amérique du Nord sont également au-dessous. Les cubages de M. Carr établissent donc que les Esquimaux se distinguent du reste des Américains du Nord par une plus grande capacité crânienne.
Différences sexuelles. — Elles se déduisent des citations precedentes. Pour les constater on ne saurait tenir compte des séries moindres de 10; c’est déjà peu. Dans notre seule double série suffisante de l’époque de la pierre polie, elle est de 127 cc. Chez les Européens actuels ou de quelques siècles seulement en arrière, elle varie de 135 chez les Gaulois de Broca à 222 chez les Parisiens contemporains du même, le nombre des séries compris entre ces deux extrêmes s’élevant à onze. Dans les races jaunes,
(1) Les crânes anglais du sexe masculin, dont la capacité est donnée dans le Catalogue, n’offrent pas d’unité. Us comprennent 8 crânes modernes, dont trois assassins et un qui a pu être choisi pour sa grosseur exceptionnelle, et deux crânes anciens de la période anglosaxonne, dont 1 choisi sur 50 pour sa grosseur sans doute aussi. Broca a insisté sur la nécessité de ne procéder dans les séries que sur des crânes pris au hasard. La moyenne des 8 ordinaires est de 1509 et des 10 de 1555.
12) Lucien Carr, Observations on the crania from the Santa Barbara islands , California , in Report upon U. S. Geog. Surv. west of 100th meridian. vol. VIL Archeology . Washington, 1879.