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DU CRANE EN GÉNÉRAL

d’une amorce pour les personnes qu’attire le mystérieux qu’on prête à l’anthropologie. La plupart l’ont vu superficiellement à la façon de Bernard de Palissy; il ne s’agit que de le mesurer, se dit-on, de tirer des lignes, d’imaginer des angles et d’aligner des chiffres. Mais pas du tout! cette connaissance du crâne est une science; ces mouvements de terrain ont des raisons d’être, des lois, une explication; ce n’est pas le hasard qui y a présidé. Pour comprendre ce crâne arrivé à maturité chez l’adulte, il faut l’avoir étudié dans les âges précédents, l’avoir vu naître, avoir suivi sa lutte incessante avec l’encéphale à partir de son apparition première au sommet de la corde dorsale. C’est là son ontogénie ou évolution chez l’individu; après viennent ses relations dans la série animale, sa philo génie. La première fera l’objet du présent chapitre et nous conduira à son but spécial; la seconde sera réservée pour le moment où nous n’aurons plus à nous inquiéter spécialement du crâne cérébral.

!»u eraaie en général. — Le crâne, dans le langage courant, c’est le squelette de la tête dans son entier. En y regardant de plus près, c’est le réceptacle du cerveau, le réceptacle de tous les sens hormis le toucher, l’extrémité supérieure de l’appareil respiratoire, la partie du tube digestif où s’opèrent la division et la trituration des aliments, l’endroit où s’opère l’articulation des sons. Pour remplir des fonctions aussi nombreuses, la plupart d’un ordre élevé, le crâne est placé au faîte de la colonne vertébrale sur laquelle il est tenu en équilibre et se meut. D'où déjà la nécessité de muscles s’insérant à sa surface. Les divers orifices par lesquels les sens et les appareils digestifs et respiratoires s’ouvrent au dehors sont d’autre part munis d’écrans musculeux propres à en graduer l’ouverture; l’appareil masticateur ensuite exige des muscles puissants; le jeu de la physionomie en demande d’autres; la fonction locomotrice est donc représentée par de nombreuses insertions musculaires.

Il en résulte qu’on ne saurait voir dans le crâne uniquement l’organe consacré au service de la pensée et qu’il a d’autres fonctions à remplir, d’autres organes à satisfaire.

Morphologiquement le crâne, en se servant de ce mot dans son acception courante, est divisé en quatre parties: l’une inférieure et antérieure, buccale, constituée par les maxillaires et leurs annexes ; l’autre moyenne et antérieure, destinée aux appareils de la vision et de l’olfaction; la troisième supérieure et postérieure, affectée tout entière au réceptacle des impressions de la pensée et du commandement en retour ; et la quatrième latérale, dissimulée dans les parois, propre à l’audition. Toutes ces parties, quoique autonomes, sont solidaires dans une certaine limite. La face ne peut prendre appui sur la partie inférieure et antérieure de la base de la cavité renfermant l’encéphale sans exercer une influence mécanique sur les points d’appui. Sous celte réserve, on peut considérer la partie du crâne qui renferme l’encéphale comme absolument indépendante, si même par son volume considérable relativement à celui des

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