CHAPITRE XVIII
pour la tête, pour le crâne, et pour son contenu. En vérité il ne peut en être autrement !
L’embryogénie montre dans une première période que ce qui sera plus tard le crâne n’est qu’une pellicule se moulant en tous sens sur les renflements encéphaliques comme le péricarde sur le cœur ou le péritoine sur le foie ; puis dans une seconde période, cette pellicule devenant cartilage à la base, et restant pellicule à la voûte ; enfin dans une troisième, l’enveloppe se transformant en plaques osseuses, qui grandissent et se soudent lentement, une à une, à mesure que l’encéphale se constitue et a besoin d’un autre genre de protection.
Jusque vers deux ans, tout concourt à favoriser le mouvement d’expansion de l’encéphale. Dans lapériode adulte, ce dont il a besoin c’est d’une protection efficace contre les chocs et les chutes. Dans la phase intermédiaire, il y a transition graduée de l’une à l’autre indication. Lorsque les choses se passent régulièrement, les deux organes suivent leur destinée sans secousse, l’un arrive au volume, et l’autre à la forme qu’en vertu de l’hérédité il est prédestiné à acquérir. Si le désaccord est léger, il importe peu, mais si l’équilibre est rompu, des désordres peuvent en résulter. Le crâne n’est donc une enveloppe obéissante que dans les premières phases, plus tard il acquiert une certaine autonomie.
Il reste à se demander si dans la période après vingt ans, dans laquelle
l’encéphale paraît croître encore, pour le moins jusqu’à trente à trentecinq ans en moyenne, et.au delà chez quelques individus, surtout dans les classes favorisées, le crâne se prête encore à une certaine distension, et si même il ne peut croître par lui-même d’une quantité quelconque.
On a vu par ce qui précède, qu’il y a plusieurs sortes de sutures crâniennes. Les unes n’existent que dans la période intra-utérine et sont les vestiges de séparation d’os qui sont distincts dans la série des mammifères. Telles sont la suture transversale qui sépare le corps des deux sphénoïdes et la suture transverse qui sépare la portion sus-occipitale de la portion sous-occipitale de l’écaille occipitale et prend le nom, chez le mouton par exemple, de suture interpariétale. Les autres sont des vestiges analogues mais persistant après la naissance, comme les deux sutures qui limitent la portion condylienne de l’occipital, et la suture médio-frontale. D’autres n’appartiennent de même qu’à la période antérieure à l’âge adulte, et séparent cependant des os réellement différents comme les sutures ethmoïdale et sphéno-occipitale. D’autres enfin persistent au delà de vingt ans, continuent pendant l’âge adulte et même l’âge mûr, et ne s’oblitèrent que plus tard, successivement et à mesure que la période sénile du crâne se confirme. Si le crâne à son origine ne constitue qu’un tout continu membraneux, dans sa phase terminale il ne constitue qu’un tout continu osseux, un seul os.
Dans l’oblitération spontanée et naturelle des sutures du dernier genre, ou synostose physiologique, les plus grandes diversités individuelles