‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 570 sur 980 · OCCLUSION DES SUTURES A L’AGE MUR · texte numérisé non relu

OCCLUSION DES SUTURES A L’AGE MUR

s’observent. En nous appuyant sur la thèse de M. Pommerol et sur les observations faites par M. Hamy, Broca et moi-même au laboratoire, les règles suivantes étaient adoptées par nous pour reconnaître l’âge des crânes :

A quarante ans, la région de la suture sagittale appelée obélion, — vers la réunion du tiers postérieur avec les deux tiers antérieurs de la suture, là où la suture, de compliquée en deçà et au delà, devient simple et rectiligne un moment, où existe souvent chez le nouveau-né une petite fontanelle supplémentaire, où dès ce moment et plus tard se trouvent sur les côtés un ou deux, quelquefois trois trous vasculaires dits pariétaux, — se soude profondément du côté de la face interne d’abord, à sa face externe ensuite. Plus tôt, plus tard ou en même temps, mais sans que l’on puisse y accorder autant de confiance, une autre synostose s’opère sur l’une des sutures du ptérion, de préférence la fronto-pariétale, au-dessous de la crête temporale.

A partir de l’obélion et de proche en proche, la première s’étend le long de la sagittale, puis sur la suture lambdoïde, de préférence d’abord de chaque côté à sa partie moyenne. C’est à quarante-cinq ans en général que cela a lieu. Dès lors, l’oblitération s’accentue sur place et le degré de l’effacement des sutures est à prendre en considération.

A cinquante ans, la coronale au voisinage du bregma se prend à son tour; l’ossification s’étend sur le côté, le plus souvent à droite d abord, à en juger d’après la première série de 126 sujets connus vérifiés par

Broca.

A soixante-dix ans, la suture de l’écaille temporale est envahie à son tour; à quatre-vingts ans, elle serait oblitérée dans son entier. A ce moment il n’y a plus une seule suture d’ouverte (1).

Mais depuis cette époque, nous avons vu des variations individuelles si considérables, il nous est arrivé si souvent de nous tromper sur des sujets d’âge connu, que nous n’osons plus nous fier à cette règle. Nous avons rencontré à trente-cinq ans, sinon auparavant, l’obélion oblitéré, le ptérion envahi par l’ossification. Inversement sur des crânes présentant au plus haut degré l’atrophie sénile des pariétaux et l’atrophie des bords alvéolaires dépourvus de dents, nous avons constate 1 intégrité absolue des sutures qui s’écartaient aussi aisément qu’à vingt ans. Il en est du crâne comme des cheveux et du reste du corps; il accuse des âges divers par chacune de ses parties; en associant l’examen des dents et celui des sutures, on diagnostique assez bien l’âge, mais on se trompe encore de dix ans.

Du reste l’examen extérieur des sutures ne fait pas connaître leur état véritable; c’est par leur face interne que l’ossification commence; souvent nous avons vu une suture entièrement effacée à l’intérieur,

(1) Pommerol et Sauvages, 1868 et 1870. Voir Revue critique de M. Pozzi, in Revue d'anthrop ., Paris, 1872.

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