LE CRÂNE A L’ÂGE ADULTE
voûte sont formés de deux lames, l’une externe entretenue par le périoste, sur laquelle s’attachent les muscles, et l’autre interne, lisse et comme vernie par le frottement de la surface du cerveau animé de ses légers mouvements d’oscillation isochrones les uns au pouls, les autres au mouvement respiratoire. Les vaisseaux de la dure-mère aidés sans doute parleurs battements profonds, les glandes de Pacchioni et la surface convexe des circonvolutions, laissent des empreintes très accusées, qui s’exagèrent dans certains états pathologiques du crâne au point de traverser la paroi et de faire relief à l’extérieur. Ces preuves de la pression de dedans en dehors qu’exerce le contenu du crâne démontrent en même temps que l’apport des molécules osseuses dans le renouvellement nutritif est plus facile en dehors qu’en dedans. Il est donc possible que, d’une façon inappréciable quoique réelle, la cavité crânienne grandisse de dedans en dehors.
Gudden a fourni la contre-épreuve en quelque sorte de ce procédé. Chez l’animal, soit directement avec un instrument, soit par des résections d’organes éloignés appelant l’atrophie des parties qui leur correspondent dans le cerveau, il a supprimé des sections importantes de cet organe, des portions d’hémisphère. A leur suite, la partie sus-jacente du crâne s’atrophiait elle-même ou s’affaissait en dedans, tandis que les parties voisines du cerveau tendaient à venir prendre la place de celles qui avaient disparu. C’est le mécanisme de l’une des variétés de l’atrophie sénile dans laquelle des dépressions et gondolements se font vers la cavité comme pour combler le vide virtuel que laisse le cerveau diminuant de volume; je dis virtuel parce qu un vide même momentané, n etant pas possible dans l’organisme, le liquide encéphalo-rachidien prend sa place auparavant. Par conséquent, si, dans la phase de transition ou antérieure à vingt ans, où le crâne, d organe de glissement favorisant l’expansion de son contenu, devient organe de protection, ce ci âne présente des phénomènes qui semblent attester une moindre dépendance, dans la phase sénile son rôle subalterne iepiend son évidence. Lorsque les dents s’échappent des bords alvéolaires et tombent, ceux-ci, désormais inutiles, s’atrophient et disparaissent. C est le même phénomène qui se produit au crâne lorsque 1 organe dont il sauvegaide la fonction est entré dans une phase de décadence. « Le ceiveau légit le crâne, ditBroca, non seulement pendant les premières peiiodes de la vie, ce qui est connu de tout le monde, mais encore pendant les périodes suivantes et jusque dans la vieillesse (4). » Ajoutons que jusqu à trentecinq ans et au delà, dans des proportions qui vont en diminuant, il peut s’accroître sans que les parois crâniennes s’y opposent. Pour obtenir un grand résultat, il suffit que le crâne s’y prête de si peu! M. Manouvrier a calculé que pour 5 millimètres d’augmentation du diamètre général
(1) P. Broca, Instr. craniolog., 1875, p. 129.