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DOCTRINE DE GALL

des masses, théâtral et visant à l’effet, il y a le savant à la fois physiologiste et anatomiste qui a imprimé une vive impulsion à l’étude de l’encéphale et de ses fonctions. Homme d’imagination et non de génie, il nous a légué le principe des localisations cérébrales. Gall procède de Schelling et des philosophes de la nature de l’Allemagne, sa patrie. Sa crânioscopie et la phrénologie qu’elle enfanta sont des conceptions a priori. La première idée lui en vint au collège en remarquant qu’un de ses camarades qui apprenait ses leçons avec une grande facilité avait les yeux saillants ; il en conclut qu’entre les deux phénomènes il y avait une liaison, et que par l’extérieur on devait pouvoir reconnaître les facultés internes. Les idées philosophiques qui allaient relier toutes les parties de son système ne vinrent qu’après, suivant Lélut. Voici comment se résume la doctrine de Gall.

Les facultés, instincts ou penchants sont innés, non par leurs produits, mais par « leurs instruments matériels », aussi bien chez l’homme que chez les animaux. Ces instruments forment autant d’organes distincts qui composent l’ensemble de l’encéphale. C’est la doctrine de la pluralité des organes cérébraux s’opposant à celle de la centralisation cérébrale ou de l’unité de l’âme, qui régnait alors. Les fonctions sont partout dans l’organisme en raison du développement de l’organe qui les engendre ; les parties du cerveau rentrent dans la règle. Celles-ci se composent d’une substance blanche qui conduit et d’une substance grise qui est l’organe par excellence et est située à la périphérie et superficie des hémisphères. Le crâne se moule sur le cerveau en totalité et sur chacune de ses parties. A chaque organe superficiel développé en proportion de son activité correspond une empreinte à la surface interne du crâne et un relief à sa surface externe. Pour découvrir le siège de chacun de ces organes il suffit, par conséquent, d’examiner le crâne des animaux qui possèdent davantage l’instinct correspondant et d’explorer la tête des hommes qui présentent cette faculté au plus haut degré. C’est donc, chez l’homme, en cherchant autour de soi les sujets dans les conditions requises qu’on arrive à déterminer le siège, à la superficie du cerveau, des diverses facultés fondamentales. Un exemple entre cent montrera la façon la plus ordinaire de procéder. Il s’agit de la bosse ou protubérance du courage.

((Je rassemblai dans ma maison, raconte Gall, un certain nombre d’individus pris dans les plus basses classes et se livrant à différentes occupations, des cochers, des commissionnaires, etc.; je leur distribuai du vin et de la bière et les fis causer. Peu à peu ils m’apprirent que tels d’entre eux étaient braves, tels poltrons. Je les fis ranger en deux files, et, examinant soigneusement leur tête, je trouvai que les querelleurs avaient la tête, immédiatement derrière et au niveau des oreilles, beaucoup plus large que les pacifiques. » Plus tard, poursuivant ses recherches, il examine la tête de diverses notoriétés comme bravoure, notamment celle d’un général auquel il trouve derrière les oreilles une protubérance

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