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DOCTRINE DE GALL

plus saillant de l’arcade zygomatique, la distance horizontale de cette perpendiculaire à l’arcade sourcilière du même côté exprime la longueur du cerveau. Elle en exprime les deux tiers environ, dirions-nous. Admettant même que Combes confonde le lobe antérieur avec l’os frontal, la prescription serait encore fausse. Cette perpendiculaire tombe à un grand travers de doigt en avant du bregma.

Le système de Gall se réduit, en somme, à une géographie des protubérances du crâne, partant de la cranioscopie pour aboutir à la phrénologie que Dupiney de Yorepierre définit spirituellement : « une science qui a pour objet l’étude des rapports que Von suppose exister , entre l’intelligence ou les fonctions dont l’encéphale est l’organe et la conformation de la boîte osseuse du crâne. » Les connaissances anatomiques, médicales ou zoologiques y sont du luxe ; il suffit d’avoir l’esprit philosophique et de savoir regarder autour de soi, dans la profondeur de l’âme de ses semblables. La phrénologie ouvre donc ses bras à tous, c’est le triomphe des gens du monde. Quelques vagues notions de physiologie cérébrale comme on en débite dans les salons, remplacent tout au besoin, L’engouement fut inouï. Peut-être Gall avait-il frappé à l’heure juste et répondait-il à un désir secret du public de réagir contre les idées alors au pouvoir, peut-être y eut-il de cet entraînement qu’on a vu, pour le spiritisme et maint autre1 produit de la nervosité humaine. Mais luimême, le croirait-on? fut débordé. On reprit, multiplia, compliqua ses divisions de facultés et par conséquent de bosses : il en avait 27, Spurzheim en eut 35, Yimont 42 ; chacun eut sa carte crânienne propre. G est si simple quand il n’y a qu’à raisonner et spéculer!

Les recherches sur le poids de l’encéphale étaient du reste sans objet. A quoi bon, puisqu’il n’y avait aucune unité dans le tout, qu’il ny avait à songer qu’aux parties et que, les unes s’hypertrophiant et les autres s’atrophiant, il y avait, en définitive, compensation? Aussi Parchappe était-il en dehors du courant, lorsque transportant la cranioscopie sur le terrain du contrôle scientifique, il comparait le poids du cerveau aux circonférences et diamètres extérieurs généraux du crâne. De même Bérard et Montègre, lorsqu’ils acceptaient que le crâne cérébral, dans son ensemble, répond à l’encéphale, émouvaient-ils médiocrement Gall. Le chef de la crânioscopie ne s’inquiétait pas du tout, il n’en voulait qu’aux parties, à la topographie des protubérances de la surface du crâne, prises comme les équivalentes de soi-disant protubérances de la surface du cerveau. Il soutenait que le crâne est le moule du cerveau parce que, si c’eût été faux du tout, à plus forte raison des parties, proposition dont la réciproque n’est pas forcée : il peut y avoir discordance entre le crâne et ses parties sous-jacentes, et cependant accord entre le crâne et le cerveau dans leur forme générale et leur volume. Dans le refoulement de dedans en dehors de la paroi crânienne par l’encéphale il s’opère des compensations, la portion directement

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