CHAPITRE XIX
zontale, passant par les bosses frontales et l’inion; une courbe antéro-posté-
et trois courbes qui, sauf leur point de départ, ont dû être inspirées par Aitken Miegs. Ce point de départ est le condyle de la mâchoire inférieure, c’est-à-dire le creux qu’on sent au-dessous et en avant du conduit auditif externe ; les courbes passant par les bosses frontales, la voûte et l’occiput. Si, chez les étudiants des Universités de Ilarward et de Yale, mesurés au nombre de 291, et les soldats blancs en général, au nombre de 7,900, on compare ces courbes condyliennes, les étudiants sont en état d’infériorité, elles sont toutes trois plus faibles; mais si on compare les deux autres mesures qui sont plus précises, ils sont avantagés ainsi que le montre ce petit tableau. Dans les deux séries la taille est sensiblement la même :
Étudiants.
570 mill.
Soldats.
5G2 mill.
Circonférence Horizontale Courbe inio - sourcilière. .
Cette différence est évidemment très remarquable, bien qu’on puisse suspecter la valeur de mesures obtenues par trop de mains différentes. Elle est conforme à celles de Broca, de Parchappe et d’une catégorie d’observateurs d’un autre genre dont il me faut dire un mot.
Dès 1854, Nott, dans les Types of mankind , tenait de plusieurs chape-
tiers américains que les chapeaux expédiés dans les Etats de l’Ouest, occupés surtout par des Allemands, devaient être plus grands d’un quart de pouce environ (6 millimètres) que ceux envoyés dans les États du Sud, habités par une population brune d’Espagnols et de Français; Nott donnait ensuite un tableau à l’appui avec la proportion des circonférences à divers points de vue. En 1861, à la Société d’anthropologie de Paris, Gratiolet eut occasion d’en appeler à son tour à la chapellerie, mais pour les diamètres antéro-postérieur et transverse: les plus petits chapeaux ont 180 millimètres sur 153, dit-il, les plus grands 215 sur 185 ; lajnoyenne est de 195 sur 170. C’était à propos du chapeau de Cuvier que la question était venue; il avait 218 sur 180.
11 y a tant de personnes aujourd’hui encore qui prennent au sérieux les renseignements de cette provenance, que quelques éclaircissements ne sont pas inutiles. Les chapeliers ont trois sortes de mensurations. En : premier lieu, ils prennent la longueur et la largeur non de la tête, mais du chapeau, préalablement essayé, qui convient à leur client. Avec ces i deux mesures on obtiendrait la circonférence en multipliant la demisomme des deux diamètres par 3,22 suivant la formule donnée par M. Lebon. L’erreur variait de +7 à — 8 millimètres sur 25 crânes pris en i guise de têtes.
En second lieu, il y a un instrument à clavettes dit formion , imaginé par M. Allié, et qui donne la circonférence avec sa grandeur naturelle. Broca admettait qu’on peut à la rigueur s’en servir, sous la réserve que
VIVANT. — CÉPHALOMÉTEUE CÉREBHàLE. 705
nous allons dire. Il a du reste été modifié et adapté à l’anthropologie par M. Harting, d’Utrecht, dont l’instrument porte le nom de képlialographe , ainsi que par M. Kopernicki.
En dernier lieu, il y a le conformateur à clavettes, instrument inventé aussi par M. Allié, dans lequel l’ovale conservé dans les livres du commerçant est considérablement réduit. Get ovale n’est que la caricature de la tête, il n’est pas la réduction proportionnelle de la véritable circonférence, il exagère certaines irrégularités de la courbe (1).
Mais ce qu’on oublie, c’est que la circonférence de la tête suivant laquelle se place le chapeau n’est ni la circonférence classique passant par l’ophryon, ni la circonférence de Welcker passant par les bosses frontales. Elle serait située au-dessus de celles-ci suivant Broca et varie énormément suivant la façon personnelle de se coiffer et suivant
la mode.
Quoi qu’il en soit, il se rencontre chaque année des nouveaux en anthropologie qui, s’imaginant faire du neuf, rééditent toutes sortes de systèmes avec les matériaux recueillis dans la chapellerie. L un, très convaincu, compare les coiffures des séminaristes à. celles des diveis arrondissements de Paris et en tire les conclusions les plus osées. Un autre, très intelligent, range les catégories sociales d après la prétendue circonférence : 1° les savants; 2° les bourgeois; 3° les nobles d’anciennes familles; 4° les domestiques; 5° les paysans. Il ne manque à cette gradation assez rationnelle qu une chose . des preuves plus scientifiques.
Les mesures anthropométriques qui ont cours, comme celles de 1 expédition de la Nova?' a modifiées depuis par M. Junka et M. Weisbach, celles de la guerre de la Sécession dont nous avons parlé, et les Inst? uctions aux voyageurs émises par les Sociétés, accordent une place assez grande aux mesures céphaliques, tout en s’efforçant d en réduire le nombre. En ne tenant compte que de celles qui portent sur le crâne cérébral, leur nombre est de 7 dans les Instructions de la Société de Berlin rédigées par M. Yirchow ; de 12, dont 4 spécialement, dans les Insti uctions de l’Association britannique rédigées par M. Busk, de 8 dans celles du Muséum de Paris; et de 14 dans le grand tableau et 8 dans le petit, des
Instructions de la Société de Paris.
Nous passerons en revue les principales.
La circonférence horizontale est prescrite par les quatre Instructions précédentes. Il est probable, en effet, que sur la tête rasée c est une excellente mesure, qui répond bien à la circonférence du crâne, quoique l’épaisseur de la peau et des muscles ne soit pas la même chez tous
(1) P. Broca, Sur un nouveau céphalographe construit par M. Mathieu [Bull. soc. anth .),
Iggl Instructions générales pour les recherches et observations anthropo ogiques a
faire sur le vivant , 2® édition, Paris, 1879, p. 74. - Sur la fausseté des résultats du conformateur des chapeliers [Bull. soc. anth.), 1879, p. 101.
Topinard. — Anthropologie.