CHAPITRE XIX
les individus. Dans ces conditions exceptionnelles, elle est recommandée avec insistance.
Chez les sujets dont les cheveux sont coupés courts, on peut encore la prendre, mais à la condition de procéder sur de grands nombres et de les mettre à part. Lorsque les cheveux sont épais, longs, chez les femmes surtout, la circonférence horizontale ne peut être acceptée que sur de véritables masses d’individus, en faisant la part de l’augmentation accidentelle. Chez les Cafusos à tête de vadrouille, les Cafres à la coiffure en matelas, en tour, etc., la généralité des Néo-Calédoniens, il n’y a absolument rien à faire.
Par conséquent, la circonférence horizontale ne saurait entrer dans des Instructions aux voyageurs à titre de mesure de premier ordre: il faut laisser ceux-ci libres de la prendre dans des cas particuliers, en leur recommandant d’indiquer le degré de longueur des cheveux : 1° cheveux rasés ; 2° cheveux coupés courts ou en touffes à toutes petites boules, comme ceux des Boshimans; 3° cheveux ordinaires; 4° cheveux épais, faussant complètement les résultats ; 5° cheveux exubérants, interdisant toute tentative.
La circonférence antéro-postérieure , de la racine du nez ou du point sourcilier (répondant sur le vivant à peu près à l’ophryon du crâne), à Union, facile à sentir dans la généralité des cas, et les courbes transverses auriculaires se prêtent aux mêmes réserves et aux mêmes conclusions. Sans les cheveux, elles sont bonnes. Avec les cheveux, elles sont plus ou moins mauvaises. On doit étendre ces propositions aux divisions secondaires des courbes horizontale et antéro-postérieure analogues à celles qu’on emploie sur le crâne. Néanmoins, j’en dirai quelques mots pour les cas exceptionnels.
Les anthropologistes de la guerre de la Sécession américaine prescrivaient, comme on l’a vu, trois courbes partant du col du condyle de la mâchoire et allant au côté opposé : 1° par les bosses frontales ; 2° par le sommet de la tête; 3° par l’occiput (point le plus saillant, je pense, qu’on confond souvent avec l’inion). M. Bush, dans les Instructions de l’Association britannique, remplace le condyle par le tragus (voir plus loin la figure de l’oreille), et prescrit une première courbe passant par la glabelle et les arcades sourcilières, et une seconde par le vertex. M. Virchow se sépare du tragus, il s’élève audessus du conduit auditif et recommande la courbe partant de cet endroit et passant par le vertex. Après ce que' nous avons dit de l’obstacle apporté par les cheveux, deux de ces courbes seulement sont discutables ; celle de la glabelle et celle des bosses frontales, le centre étant par exemple au tragus. Mais est-il sûr qu’elles donnent ce qu’on en espère, et le résultat vaudra-t-il la peine qu’on se sera donnée?
Les divisions utiles de la courbe antéro-postérieure, si l’objection des cheveux n’était incessamment suspendue sur notre tête, comme l’épée
VIVANT. — CÉP11AL0MÉTRIE CÉRÉBRALE.
de Damoclès, seraient déterminées par des points de repère qui, pouvant servir à d’autres usages, méritent d’être spécifiés. Le premier est le point intersourcilier , qui remplace sur le vivant l’ophryon du crâne et est placé sur le milieu d’une ligne tangente à la convexité des deux sourcils ; le second est le metopion entre les deux bosses frontales ; le troisième est le bregma ; le quatrième est ïobélion ; le cinquième est Y inion.
Ce dernier se sent facilement en général. Dans les cas exceptionnels où il ne fait pas saillie, on cherche le milieu de la ligne demi-circulaire supérieure de l’occipital, d’après la disposition des masses musculaires de la nuque dont elle limite les insertions.
L’obélion, si facile à reconnaître sur le crâne à la disposition de la suture sagittale au niveau des trous pariétaux, a pour correspondance sur le vivant le tourbillon des cheveux ou épi, ainsi que le montre le tableau suivant obtenu avec des mensurations pratiquées parallèlement sur le crâne et sur la tête par Broca et Féré.
Correspondance de l’obélion sur le crâne avec le tourbillon sur le vivant.
Correspondance exacte.
Déplacement en avant .
— en arrière
Hommes .
14 fois.
Femmes 6 fois.
Variations en avant.
— en arrière Moyenne générale. .
7 à 23 mill. 3 à 18 mill. 1 à 23 — 2 à 13 —
Le tourbillon présente également quelques variations de situation dans le sens transversal, mais de peu d’importance. Lorsqu’on opère sur des séries, il se trouve en moyenne au même point que l’obélion sur le crâne, voilà ce qu’il est bon de se rappeler.
Le bregma était ainsi déterminé sur le vivant par Broca. 11 se trouvait, d’après lui, sur la perpendiculaire élevée au niveau du trou auditif sur la ligne horizontale ou auriculo-sous-nasale de Camper, et était donné par Y équerre flexible auriculaire. Celle-ci est formée d’une lame d’acier flexible qui, en place, va du trou auditif à la base du nez, et d’une autre lame semblable, perpendiculaire à la précédente ; la jonction des deux est occupée par une fiche qu’on introduit dans le trou auditif, tandis que la dernière lame s’abaisse sur le sommet de la tête et vient se poser naturellement sur le bregma.
Des recherches nouvelles plus précises de Broca et Feré sur le crâne et le vivant comparativement ont toutefois modifié un peu cette proposition. La perpendiculaire en question tombe à 14 millimètres en moyenne au-devant du bregma vrai chez l’homme, et à 4 millimètres et demi chez la femme, ainsi que le montre le tableau suivant : Le signe -f- veut dire que la perpendiculaire tombe en avant du bregma et le signe — en arrière.