CHAPITRE XX
celui qui est représenté sur la figure 102 ; et en troisième lieu les moyennes correspondantes de la série Broca des Parisiens du cimetière de l’Ouest.
Diamètres.
Indices.
Tr. Vert.
Céph. hor.
1° vert.
2° vert.
Moyenne de 13 acrocépliales .
Acrocépliale n° 1 du ciraet. desinnocents.
Moyenne de l'Ouest des deux sexes....
Il s’en suit que l’acrocéphalie élève à la fois l’indice de largeur, horizontal, ou céphalique ordinaire, et les deux indices de hauteur, ce qui est rationnel. L’acrocéphalie est un caractère, qui frappe ; sur le vivant même il attire de suite l’attention, et il n’est aucun de nous, qui autour de lui ne connaisse de ces fronts démesurément hauts, compatibles avec une grande intelligence, répondant à l’épithète d’acrocéphales.
La trigoiiocéphalie décrite par Welcker et par Barkow est due à la synostose congénitale, c’est-à-dire antérieure à la naissance, de la suture médio-frontale.
Cette suture commence normalement à se souder vers 1 an et demi à son milieu vers le métopion, la synostose s’étendant de proche en proche, et plus rapidement par en haut. Dans la trigonocéphalie elle semble débuter par les extrémités et se terminer au contraire au métopion. Dans certains cas le front n’est que rétréci dans toute sa hauteur avec persistance au milieu d’une crête arrondie verticale qui forme la partie la plus antérieure du front. D’autres fois la crête devient presque aiguë, descend plus ou moins près de l’ophryon, s’élève plus ou moins au-dessus du métopion, mais toujours comme dans le cas de Barkow a son maximum de saillie en ce dernier point ; ce qui prouve que c’est là que la suture est restée le plus longtemps ouverte. Vu d’en haut le crâne a l’aspect d’un triangle dont le sommet est au métopion, comme dans la figure 103, ce qui a valu à cette déformation son nom, et dont l’arrière renflé à régions pariétales amples ne présente rien de particulier. En somme la synostose de la suture médio-frontale donne lieu à un front d’autant plus étroit, qu’elle s’est produite plus tôt, comme l’inverse sa persistance jusqu’à l’âge adulte produit, ainsi que nous le verrons, un front large. La crête médiane et verticale, aiguë ou mamelonnée, grosse ou pointue, qui s’y ajoute, n’est qu’un détail lié au dernier effort tenté de dedans en dehors sur la suture même par le contenu de la boîte cérébrale.
Les déformations par synostoses dont il nous reste à parler sont moins frappantes et jusqu’à ce jour ont été généralement confondues sous le nom de plagiocéphalie.
La plagiocéphalie, ou le crâne oblique ovalaire, est un crâne fortement asymétrique dans lequel la partie antérieure d’un côté et la partie postérieure de l’autre sont plus développées, en sorte que la longueur
PLAGIOCÉPHALIE. 737
maxm um du crâne n’est pas antéro-postérieure sur la ligne médiane, mais oblique d’un côté à l’autre ou en diagonale. 11 est peu de crânes normaux qui soient rigoureusement symétriques, et un sur trois mériterait ce titre, mais le nom de plagiocéphalie ne s’applique qu’â ceux où l’asymétrie est considérable. Tout crâne asymétrique tend en effet, par la loi des compensations de croissance, à devenir plagiocéphale, ainsi qu’on le verra tout à l’heure.
Pour reconnaître les moindres degrés de plagiocéphalie, voici la conduite à tenir : on prend le crâne par sa base, on en dirige l’arrière vers soi, en en maintenant l’axe antéro-postérieur dans son axe visuel, et l’on regarde obliquement de haut en bas et d’arrière en avant alternativement
Fig. 103. — Crâne trigonocéphale (Musée Broca).
sa norma supérieure et sa norma postérieure ; la moindre irrégularité se découvre ainsi.
Les causes de la plagiocéphalie sont nombreuses. Soit : 1° une inégalité congénitale marquée des deux moitiés du crâne, en rapport avec l’inégalité des deux hémisphères ; 2° un moindre développement primitif ou dans le cours de la croissance, d’une région quelconque comme de tout un côté du front ; 3° l’aplatissement mécanique, quelle qu’en soit la cause, d’une région quelconque du crâne comme dans la déformation par le berceau dont nous parlerons plus tard ; 4° un torticolis chronique, une vaste brûlure d’un côté, ou une paralysie partielle, en un mot tout ce qui atrophie les chairs d’un côté de la tête, s’étend au crâne sous-jacent et l’empêche de se développer en cet endroit ; 5° une déformation ethnique mal conduite, ce sont les plagiocéphalies les plus exagérées ; 6° enfin Topinard. — Anthropologie.