CHAPITRE XX
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même sens; et enfin que çà et là, dans les cimetières des environs de l’ère chrétienne, les archéologues recueillaient des crânes très déformés qui constituaient l’un des problèmes les plus ardus de l’ethnographie de l’Europe. Ces crânes ont été trouvés, le plus éloigné et isolément en Angleterre, les autres et nombreux sur les bords du Rhin, dans le Jura, en Suisse, sur les bords du Danube, en Hongrie, semblant indiquer un trajet suivi par une ou plusieurs migrations, et un point de départ commun vers les rives de la mer Noire. La forme de ces crânes était du reste variée, depuis la frontale simple jusqu’à la déformation cunéiforme plus ou moins relevée, à ce point que Tschudi, l’homme le plus compétent alors sur le sujet, consulté sur l’un de ces crânes qu’on venait de découvrir en Autriche, le déclara péruvien et probablement égaré par quelque collectionneur.
Plusieurs doctrines se sont produites pour relier ces faits et les expliquer. La première est celle de Baer qui, ayant recueilli celui qu’il a décrit dans l’un des cercles de terre que l’on attribue aux Avares, les attribue à l’invasion des Avares parus en 557 à l’ouest du Don et exterminés par Charlemagne en 799. La seconde, dont j ignore le père, rapporte ces crânes déformés aux Huns qui, à en juger par un passage d’Amédée Thierry non appuyé par la description d’Attila de Jornandès, se dépri- i niaient le front en se faisant une tête pointue. La troisième est celle de Dubois de Montpereux en 1832, acceptée par Broca.
Si l’on se porte sur les rives de la mer Noire dans la région où Hippo- j crate plaçait ses Macrocéphales et Hérodote ses Gimmériens, on découvre ! de nombreux cimetières anciens, dans lesquels les corps forment plusieurs rangées superposées de cercueils en dalles ou tuiles, etc., et sont accompagnés d’objets en bronze et en fer d’une grande richesse qui en fixent : la date. Les rangées profondes sont du premier âge du fer .dans ces ! régions, c’est-à-dire contemporaines à peu près d’Homère, et renferment i des crânes déformés dans la proportion de 20 p. 100 environ à côté de dolichocéphales normaux (indice de 72). Ces cimetières, qui malheureuse- j ment ont auparavant excité la convoitise des pillards, s étendent de la Crimée à la Géorgie et ont été fouillés par MM. Seidlitz, Szepoura, Bayera, j Smirnow, Felimonow, Luchan, Chantre et autres. Les stations les plus i célèbres sont Kertch en Crimée, Santhravo près de l’ancienne capitale de j la Géorgie, et Koban dans la montagne; ce sont les mines les plus i fécondes de l’Europe pour l’archéologie. Ces crânes déformés, ce sont ! les Macrocéphales d’Hippocrate; aujourd’hui encore la coutume décrite , par le médecin de Cos persiste sur les lieux, comme au temps jadis. Les ; crânes déformés anciens que l’on retrouve çà et là dans l’Europe occi- i dentale leur ressemblent. Les cimetières de Villanova en Italie, de Hallstadt dans le Tyrol, ceux de la Suisse, du Jura, célèbres par les Macrocéphales qu’on y a recueillis, renferment des bijoux et ustensiles en bronze ; et en fer, analogues et de même style. Dans le cimetière de Corvésiat,