‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 656 sur 980 · DO · texte numérisé non relu

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dans le Jura, la proportion de 20 p. 100 est également celle des déformés, les normaux sont dolichocéphales.

C’est donc la même population, la même civilisation, les mêmes usages. Worsaæ a fait remarquer qu’au nord aussi, dans la partie occupée par les Cimbres, la pratique de la déformation a été en usage. Nous avons vu qu’elle persistait en Belgique au seizième siècle ; or, au quatrième siècle avant notre ère, les Volkes de la confédération des Belges, congénères des Cimbres, se fixèrent les uns, les Tectosages à Toulouse, les autres, les Arékomikes à Nîmes, où ils s’étendirent et régnèrent près de deux siècles. C’est sur le chemin qu’ils durent suivre ensemble par la Seine-Inférieure, les Deux-Sèvres, la Creuse, le Tarn, la Garonne et le long des Pyrénées, que se retrouve précisément la coutume actuelle des coiffures et systèmes aboutissant à la déformation. On peut voir dans une vitrine du musée Broca un crâne macrocéphale de Samthravo donné par M. Smirnow, dont la déformation n’est visiblement que frontale, et qu’on ne saurait distinguer de deux ou trois crânes voisins portant la variété frontale de la déformation dite toulousaine. Certes, la coiffure inconsciente, reste du procédé voulu par la tradition, a varié et dégénéré depuis deux mille ans, mais le fait général persiste : l’allongement de la tête avec exhaussement, comme l’a précisé Hippocrate.

La quatrième idée est de M. Lagneau. Frappé du nom de colbach employé dans les Deux-Sèvres pour désigner l’une des parties de la coiffure déformatrice, il remarque que les Taifales, tribu congénère des Alaries, hommes grands et beaux, habitant le Caucase où les Ossèthes les représentent encore en pleine région de déformation, se sont fixés en France, dans le Poitou, vers le quatrième siècle (1).

De cet ensemble de faits, il semble résulter : 1° qu’effectivement les déformations céphaliques actuellement persistantes dans quelques parties de la France sont des survivances de coutumes importées de l’Est; 2° que le courant suivi par celles-ci a dû être double : une partie, se portant de la Grimée directement à la Chersonèse cimbrique, se serait écoulée par la Belgique et les régions occidentales de France, vers les Pyrénées ; l’autre, longeant la mer Noire, aurait pris le Danube et remonté à sa source, d’où, descendant de la ligne de partage des eaux, il se serait irradié. Ces faits sont conformes aux trois directions qu’auraient prises les Cimmériens en 631, d’après A. Thierry, la troisième étant leur expédition en Asie Mineure (2).

(1) G. Lagneau, Des déformations céphaliques en France , Gaz. hebL, 1877.

(2) De Baer, Les Macrocéphales de la Crimée et de t’ Autriche, Mena. Acad. Saint-Pétersb. — Smirnow, Sur les Avares du Daghestan , Revue d’anthrop., 1876, p. 84. — Broca, Anciens crânes déformés des environs de Tiflis , Bull. Soc. anthr., 1877. — J. de Lenhossek, Des déformations artificielles du crâne en général. Budapest, 1877. — F. Bayern, Contribution à l'archéologie du Caucase. Lyon, 1882. — E. Chantre, Ancienneté des nécropoles préhistoriques du Caucase renfermant des crânes macrocéphales , Revue d’anthr., 1881, p. 247. Les caractères céphalométriques des Ossèthes et La nécropole de Koban , Bull. Soc,, Anthr. de Lyon, t. II, 1883, p. 28 et 93.

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