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CHAPITRE XXI

De la vertèbre et de ses annexes. — Unité do composition du crâne dans la série des vertébrés. — Arcs viscéraux crâniens. — Adaptation des os à leur usage. Ihéorie vertébrale .

Caractères zoologiques. — Anomalies réversives ; troisième condyle de 1 occipital , apophyse jugulaire ; os japonicum ; os des Incas et interpariétal ; persistance de la suture médiofrontale ; anomalies du ptérion. — Caractères descriptifs : convergence des lignes courbes temporales ; variations des échancrures nasales.

Après l’idée physiologique d’une relation entre les mensurations prises extérieurement sur la tête et le crâne, et le volume et la configuration de l’encéphale, l’idée qui a le plus de succès en anthropologie et qui a trait aussi bien au corps et au squelette qu’à la tête et au crâne est l’idée zoologique.

Le crâne humain, dit-on, est le terme le plus avance d une série qui commence par le plus infime des vertébrés, s’élève par étapes successives et variées, accidentellement chez les individus, d’une façon permanente dans les groupes et se termine à l’homme qui conserve plus ou moins l’empreinte de son origine première. La série même ne s’arrête pas à lui, elle se continue dans son sein; les races humaines par certains traits s’éloignent plus ou moins de leur point de départ ou en restent rapprochées. De là les caractères zoologiques et subzoologiques ou anthropologiques, qu’il ne faut pas confondre en théorie, mais qu’on ne distingue dans la pratique qu’après examen, et qui feront l’objet de ce chapitre.

Les premiers distinguent le genre humain des autres genres zoologiques, les seconds distinguent les races humaines entre elles. Les derniers ou sériaires de Broca diffèrent des autres caractères anthropologiques en ce qu’ils ont une origine animale franche, qu ils ont servi ou pourraient servir dans leurs formes les plus accusées à distinguer les classes, genres ou espèces antérieurs de la série et qu’ils présentent encore, dans les variétés humaines, des différences atténuées assez sensibles pour être utilisées. Les caractères tirés de la considération du volume du cerveau dans son ensemble ou dans ses parties et de sa boîte osseuse rentrent au premier chef dans cette catégorie. Après avoir creusé presque un abîme entre l’homme et les animaux, ce volume diffère suffisamment dans les races pour contribuer à les distinguer. Son histoire est faite, nous passerons aux autres caractères zoologiques.

Quoique la craniologie comparée qui relève de l’anatomie comparée, dans laquelle rentre l’embryogénie comparée, soit du domaine de l’anthro-

pologie zoologique et non delà partie qui nous a été attribuée dans notre cours de l’École d’anthropologie, il est difficile de nous abstenir de tout préliminaire sur les formes du crâne qui ont précédé le type humain et ses diversités actuelles, ou mieux sur la façon dont elles se sont établies successivement à l’aide de pièces osseuses changeant de nom, de nombre et de forme, mais demeurant au fond les mêmes depuis leur origine. Les craniologistes de l’École allemande ont parfois trop perdu de vue la morphologie actuelle brutale du crâne humain, dans les vues philosophiques de cet ordre et les choix de caractères et de mesures qu’elles entraînent. Mais les craniologistes de l’École française n’en ont peut-être pas assez tenu compte. Broca, dans son admirable cours de l’École d’anthropologie sur les primates, était entré largement dans cette voie, mais il ne dépassait guère les mammifères et faisait peu d’emprunts â l’embryogénie.

Jusque dans ces dernières années, en effet, le problème de la composition philosophique du crâne ou, pour parler le langage des transformistes, de sa philogénie, reposait presque entièrement sur la morphologie. On connaît les légendes de Goethe et de Oken se promenant, l’un dans un cimetière juif de Venise et ramassant un crâne de mouton, l’autre dans la forêt du Harz et trouvant un crâne de chevreuil, et créant sur place la théorie vertébrale. Le crâne complet de l’adulte ou de l’enfant et ses formes directement appréciables en constituaient la base et l’édifice tout à la fois. Aujourd’hui, on va plus loin, on ne se contente plus de la morphologie comparée, on s’adresse au fœtus et à l’embryon, au crâne osseux en voie de développement et au crâne cartilagineux, en vertu du principe que les formes fœtales du squelette, comme de tous les organes, sont la reproduction des formes adultes d’espèces antérieures, de même que les formes fœtales de celles-ci reproduisent l’état adulte terminé d’autres espèces plus anciennes encore, connues ou inconnues.

Soit un occipital humain de 8 ans; il forme un tout continu, un seul os. Pour savoir qu’il est composé de cinq os qui demeurent distincts chez la plupart des vertébrés, des poissons aux primates, et comprendre que, par anomalie, plus particulièrement dans certaines races, ces os peuvent persister toute la vie, il faut remonter au fœtus de deux à trois mois chez lequel les cinq pièces sont encore séparées. Mais le fœtus humain et ceux qui l’ont précédé ne dévoilent, séance tenante, qu’une partie des mystères de leur développement. A mesure que les espèces s’élèvent dans la série animale, le travail se simplifie et s’abrège, des phases entières de l’évolution dont l’hérédité a fixé les résultats disparaissent. Pour les retrouver et savoir site corps de l’occipital, unique en apparence, ne se compose pas en réalité de plusieurs corps fusionnés, il faut encore s’adresser aux espèces antérieures et en particulier à leurs fœtus et embryons, mais en choisissant leurs cas exceptionnels réversifs.

La philogénie ou évolution des espèces dans le temps infini, l’ontogé-

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