CH AP1TUE XXI
semble primitivement destinée. Sa portion post-frontale concourait de son côté avec l’orbite sphénoïdal à fermer l’orbite en arrière, tandis que sa portion pré-frontale était préposée à la garde de la paroi antérieure. Peu à peudansi’échelle des vertébrés, ses parties olfactives se développant davantage ont élargi la mince cloison membraneuse ou osseuse qui séparait les deux orbites, le cerveau lui-même a grossi, s’est avancé peu à peu sous la voûte du frontal principal ; mais, de même que le contenu de la cavité cérébrale prenait de l’extension en longueur il s’élargissait, refoulant ainsi les parois en dehors. Gomme conséquence les bords postérieurs des orbites se sont écartés, le plan de celles-ci qui regardait en dehors a pivoté autour du bord antérieur et s’est placé plus ou moins transversalement. Tel est le type des primates, et à son plus haut degré de l’homme; les apophyses orbitaires postérieures de Cuvier y sont devenues externes et les antérieures internes.
Le frontal en un mot est né dans un but et s’est adapté à un autre, en affectant de la façon la plus capricieuse suivant les espèces les formes de détail les plus variées et les rapports les plus changeants. Il semble une masse malléable que les fonctions s’opérant dans son voisinage s’appropriaient et façonnaient à leur convenance, suivant leurs besoins.
Les transformations infinies de l’appareil auditif et la façon dont la nature arrive au type humain seraient non moins instructives et conduiraient à la même conclusion. On verrait la pièce épiotique ayant une forte tendance à s’unir au sus-occipital et l’opistotique à l’ex-occipital ; ou au contraire ces deux occipitaux empiétant sur les régions auditives ; puis le tympanique naissant chez les mammifères aux dépens d’un os voisin, le métaptérygoïdien (Cuvier) et donnant lieu à la huile tympanique et au conduit auditif externe pour se réduire, chez les primates et en particulier chez l’homme, à la paroi antérieure de ce conduit et à la gaine vaginale de l’apophyse styloïde ; ensuite chez cet homme, afin de faire compensation à la disparition de la bulle qui sert de caisse de résonnance annexée à l’oreille interne, l’apophyse mastoïde se développant aux dépens probablement de l’épiotique pour remplir, par ses cellules intérieures en communication avec l’oreille moyenne, la fonction dévolue à la bulle. Ce qui serait curieux à suivre aussi, ce sont les phases par lesquelles les osselets de l’ouïe échelonnés dans l’oreille interne, vestige avec la trompe d’Eustache de la fente qui sépare l’arc mandibulaire de l’arc hyoïdien, ont passé pour se constituer aux dépens, l’enclume de l’os carré (arc maxillaire), le marteau de l’os hyo-mandibulaire, et l’os lenticulaire du symplectique des poissons.
Les variations que présentent les fosses nasales dans la série des vertébrés; les deux appareils maxillaires; les dents, nombreuses dans le bas de l’échelle des vertébrés, et implantées de tous côtés : sur les cartilages labiaux, les palatins, les ptérygoïdes, les branchies, la langue, la voûte du pharynx, à l’exclusion quelquefois, ce qu’il y a de singulier, du maxillaire