CHAPITRE XXI
tablirait nettement que chez les reptiles, et les deux autres vertèbres ne se déforment que chez les vertébrés plus élevés, contrairement à la logique. Cette distinction serait purement morphologique.]
Huxley, Parker et Bettany, Gegenbauer, Hœckel et Hannover figurent parmi les adversaires de la doctrine vertébrale. « Les divisions qui apparaissent en premier lieu chez les mammifères d’une manière distincte et qu’on désigne comme des segments vertébraux n’ont, pour Gegenbauer, absolument rien de commun avec les vertèbres; seul le segment occipital peut y être rattaché. »
Kôlliker, partisan au contraire de cette doctrine, leur répond à peu près comme il suit : La corde dorsale s’arrête effectivement au niveau de la selle turcique et la plaque basilaire est faite d’une coulée, mais il n’est pas exact de dire qu’elles n’offrent aucune trace de division ou de segmentation. Des traces de protovertèbres sur les côtés de la notocorde ont été entrevues dans le crâne. Chez le poulet la notocorde ne présente qu’un renflement terminal, mais chez l’homme elle en présente deux, un dans l’occipital et un dans le sphénoïde, et chez le lapin et le cochon, plusieurs (1) ; à l’époque de l’ossification de la base deux disques fibreux analogues aux disques intervertébraux s’observent entre le basi-occipital et le basi-sphénoïde et entre le basi-sphénoïde et le présphénoïde.
L’absence de segmentation à la phase cartilagineuse ne serait du reste pas une objection, car cette segmentation manque à la colonne vertébrale elle-même chez quelques poissons, comme les chimères et les raies. Kôlliker remarque ensuite que dans les vertèbres du rachis les parties centrales et les régions voisines deviennent cartilagineuses les premières et que les parties annexes dorsales et latérales ne sont envahies qu’après ; il en est de même dans la partie du crâne pourvue de notocorde. Le nombre des points primitifs d’ossification lui fournit un argument qu’il croit décisif : au rachis, ces points sont au nombre de trois pour chaque vertèbre, un médian pour le corps, un pour chaque lame. A la base du crâne il en serait de même pour les trois vertèbres discutées : il y a « trois points médians les uns à la suite des autres pour les parties axiles et six points latéraux placés par paires à droite et à gauche pour les parties latérales ».
Cette dernière objection est fort discutable. En ostéogénie lorsqu’une apophyse ou partie quelconque prend plus d’importance dans la vie d’un os et tend à s’isoler en formant un os distinct, un point nouveau y apparaît. La racine antérieure de l’apophyse transverse de la 7e vertèbre cervicale de l’homme, quelquefois de la 6e et même de la 5e, qui est un commencement de côte cervicale non encore détachée (2) de son corps vertébral, en offre un exemple (Flower). Les points latéraux d’une ver-
(1) M. Ch. Robin, dans son beau travail sur Y évolution de la notocorde , Paris, 1868, décrit toujours la partie crânienne de la notocorde comme progressivement renflée en massue aussi bien chez l’homme que chez les animaux.
(2) Est-ce non encore détaché ou non encore soudé? Les points latéraux, un seul pour