‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 679 sur 980 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

affleure exactement le bord et l’orifice lacrymal se transforme en une gouttière verticale.

Chez l’homme le maxillaire empiète à son tour sur [le terrain orbitaire du lacrymal, la gouttière se prononce et l’apophyse montante du maxillaire, s’avançant plus ou moins, contribue à sa formation de zéro à un tiers, les trois quarts ou la totalité. La tendance faciale précédente de l’os lacrymal se retrouve plus ou moins accusée par un autre détail de configuration : la crête verticale, qui forme le bord postérieur de la gouttière lacrymale, se termine par en bas tout à coup ou par un crochet qui se porte en avant; celui-ci, appelé hamule (S fig. 124) par les Anglais et les Allemands, est grêle ou plus ou moins développé, et n’atteint pas ou atteint

Fig. 124. — Os lacrymal ou unguis, délimité en avant par la suture lacrymo-maxillaire antérieure A, en bas par la suture lacrymo-maxillaire inférieure B, en arrière par la suture lacrymo-etlimoïdale I, en haut par la suture lacrymo-frontale EE.

P, crête verticale qui sépare sa surface en deux et forme le bord postérieur du canal lacrymal; O, saillie verticale de l’apophyse montante du maxillaire formant le bord antérieur de l’angle interne de l’orbite ; S, hamule ou apophyse venant de l’os lacrymal et allant à la rencontre du bord orbitaire.

par une étendue plus ou moins grande le bord orbitaire, en délimitant par conséquent le bas de la gouttière. Gegenbauer a insisté sur ce hamule chez l’homme. Williamson a dressé une statistique des cas dans lesquels la gouttière est entièrement creusée aux dépens du maxillaire et en a trouvé 17 sur 421 crânes se répartissant ainsi :

Nombre de cas.

230 Blancs . 0

52 Jaunes, Polynésiens, Hindous... 3

160 Nègres d’Afrique . 13

11 Australiens et Tasmaniens . 1

La statistique contraire, le nombre de cas où la gouttière est entière-

ment formée aux dépens de l’os lacrymal, serait non moins intéressante. Chez les singes ordinaires comme chez les anthropoïdes la disposition varie entre celle de l’homme et celle du chien ou du chat. Chez le chimpanzé et le gorille la gouttière est taillée essentiellement aux dépens du lacrymal; chez l’orang adulte, essentiellement aux dépens du maxillaire.

L’os interpariétal est le premier exemple que nous prendrons dans le groupe des caractères individuels commençant à être moins rares, et montrant des dispositions dans quelques groupes humains à devenir caractères de race.

Sous ce nom et sous celui d’épactal , dos des Incas, d’os lambdoïdien, se rangent une série d’os accidentels engendrés par une ossification irrégulière de la portion sus-iniaque ou sus-cérébelleuse de l’écaille occipitale. La première dénomination est de Cuvier, la seconde de Fischer, la troisième de Broca. L’os lambdoïdien rentre dans la catégorie des os wormiens, l’interpariétal dans celle des réversions, l’épactal synonyme d 'intercalé, d’étranger, est une anomalie absolue.

L’os interpariétal désigne en anatomie comparée un os pair ou impair, grand ou petit, suivant les espèces, quelquefois quadrilatère, le plus souvent triangulaire à sommet plus ou moins effdé, ou à base plus ou moins élargie, placé entre les parties postérieures des pariétaux et distinct du sus-occipital auquel il fait suite en avant. 11 existe chez tous les mammifères (oiseaux et mammifères au moins) suivant Geoffroy Saint-Hilaire, mais se soude souvent dès les premières phases de la vie fœtale ou dans l’enfance ; sa persistance à l’âge adulte est une exception dans certaines espèces et la règle dans d’autres.

Il formait un petit os quadrilatère chez tous les lapins que j’ai examinés au nombre d’une quinzaine, et manquait chez une dizaine de lièvres; trois léporides authentiques venant de M. Gayot ressemblaient par là aux lapins. Chez les chats il manquait, ou était visible suivant l’âge sous la forme d’un petit os triangulaire rappelant le lambdoïdien. Chez les jeunes chiens il était très apparent sous forme d’une pointe effdée, se prolongeant entre les deux pariétaux, tandis que chez les chiens plus âgés il était absolument soudé. Dans tous ces cas la suture interpariétale qui sépare cet os du sus-occipital était située au-dessus de l’inion et de la crête occipitale transverse. Chez le chien, le chamois et le cheval peu âgés, le veau, il existe aussi un interpariétal, mais plus grand et descendant au-dessus de l’inion et de la crête occipitale.

De ces variations de forme, d’étendue et de rapport avec l’inion, on conclura que la morphologie comparée ne peut assigner d’emplacement exact à ce qu’il convient d’appeler l’interpariétal chez l’homme. Je ne l’ai retrouvé semblable à celui de l’homme que chez quelques singes, grâce à des vestiges de suture transverse aboutissant aux astérions comme chez lui.

L’anatomie comparée de l’adulte faisant défaut, adressons-nous à l’ostéo-

Page 1