CHAPITRE XXI
génie. L’écaille de l’occipital est formée de deux parties distinctes dans la première et la seconde étape de l’évolution ontologique du crâne, l’une inférieure, cartilagineuse, qui dépend du squelette interne des vertèbres et se continue avec le reste du cartilage de la base, et 1 autre supérieure, membraneuse, qui, ossifiée plus tard, relève du squelette externe ou tégumentaire. Il est naturel qu’entre elles la séparation persiste dans quelques espèces et qu’au moins par accident, leur fusion osseuse soit parfois incomplète dans la troisième période de 1 évolution ontologique du crâne. Cette séparation chez l’homme, c est la suture inteipariétale ou ses traces.
Dans la partie cartilagineuse ou cérébelleuse, comme dans la partie membraneuse ou sus-cérébelleuse, cette troisième période commence par des points osseux qui dans les conditions normales se réunissent promptement, et font de l’écaille un tout continu et complet. Il est généralement admis, depuis Kerkring, qu’après trois mois ces points sont au nombre de quatre disposés par paire, deux pour la partie cartilageuse, et paraissant les premiers, deux pour la partie membraneuse. Cependant Sappey n’admet que deux points primitifs, l’un au-dessus, l’autre audessous de la crête, mais en ajoutant que le supérieur est pendant quelques temps plus clair au centre, et séparé en deux par une fissure. Kolliker en admet quatre, mais promptement réunis deux par deux, en sorte qu’il ne paraît y en avoir qu’un au-dessus et un au-dessous. En outre de ces points principaux constants on en signale de supplémentaires ou intercalaires ; telles sont les deux paires qu’liartmann admet en plus dans la partie sus-cérébelleuse, le point médian opisthiaque de Kerkring et un point médian à la pointe extrême de l’écaille.
Avec ou sans le concours dè points intercalaires, l’envahissement de l’écaille par les molécules calcaires s’opère de proche en proche, les centres supérieurs se réunissent sur la ligne médiane pour constituer la portion interpariétale cérébelleuse; mais cet état n’a qu une courte durée et la réunion entre les deux portions s’opère dans la moitié ou les deux tiers moyens.
A ce moment une fissure transversale subsiste à chaque extrémité du centre de l’écaille qui se maintient longtemps et qui, persistant jusqu à l’âge adulte et au delà, laisse voir chez l’homme ce qu’il faut entendre uniquement sous le nom d’interpariétal. Autant un os interpariétal complet est rare chez lui, autant ces deux vestiges sont communs. Une autre fissure se voit encore à la période fœtale, médiane et courte, à la partie supérieure; sa persistance donne lieu à la suture moyenne des formes doubles de l’os lambdoïdien, ou de l’os épactal. Mais, pour un motif quelconque, l’ossification peut se troubler davantage, chacun des points complémentaires de la portion primitivement membraneuse de l’écaille peut s’isoler et former un os distinct. De là ces formes si variées de l’os épactal simple et médian, double et médian, simple ou double et latéral. Au point
OS INTERPARIÉTAL.
de vue morphologique l’os épactal unique et de grande dimension passe sans transition à l’os interpariétal qui ne s’en distingue que pap le trajet de la suture d’un astérion à l’autre. Suivant Gosse, cette suture passe audessous de l’inion ; suivant Broca au-dessus. On a vu que chez quelques animaux elle passe effectivement au-dessous, il ne répugnerait donc pas d’admettre que cela puisse se répéter chez l’homme ; ce n’est pas probable cependant.
Fig. 125. — I. Os interpariétal chez un embryou de chèvre (Pozzi). — II. Os épactal simple d’un péruvien d’Arica (Jacquart,). — III. Os épactal multiple ; Parisien (Jacquart).
Sous les noms d’interpariétal, d’épactal ou d’os lambdoïdien, ces anomalies ne sont en somme que des troubles d’ossification, reproduisant dans le premier cas une tendance non encore disparue, dans la série des mammifères, à l’indépendance de la partie de l’écaille occipitale comprise entre les pariétaux et ayant chez l’embryon une origine différente au point de vue ostéogénique. Reste à savoir si ces troubles d’ossification, amenant dans ce dernier cas une réversion et dans les autres des anomalies, sont fréquents, et s’ils le sont davantage dans certaines races et dans certaines conditions.
La question intéresse surtout les races du Pérou, chez lesquelles