CHAPITRE III
sur la Diversité naturelle du genre humain publiée à Gœtiingue en 1775, la dissertation inaugurale de John Hunter sur les Variétés humaines parue à Edimbourg la même année, et la Zoologie géographique de E. H. G. Zimmermann parue à Leyde en 1777. A la première lecture les trois sont très remarquables et à chacune était réservé un grand succès si les deux autres n’eussent été publiées en même temps. A un second examen, c’est le livre de John Hunter qui perd à la comparaison, puis celui de Zimmermann, et Ton donne la palme au livre de Blumenbach, dans lequel se dessine l’ébauche d’un programme complet de l’anthropologie. La Diversité naturelle de Blumenbach a du reste été suivie d’une seconde, puis d’une troisième édition, s’augmentant et se perfectionnant, tandis que Zimmermann et Hunter n’allèrent pas au delà en anthropologie.
Obligé de me restreindre, je laisse à regret les Variétés humaines de Hunter (1) et consacrerai une page à Zimmermann.
E. II. G. Zimmermann, professeur de zoologie à Brunswich, qu’il ne faut pas confondre avec le médecin J. -G. Zimmermann vivant à la même époque, publia en 1777 une géographie zoologique en trois volumes dont le premier article ou chapitre est consacré à l’homme. Les espèces, à l’origine, ont eu chacune un cantonnement propre auquel elles convenaient. Mais les unes en petit nombre, favorisées par leur organisation, étaient naturellement cosmopolites et affrontèrent sans trouble l’action des milieux, tels que l’espèce humaine. Les autres en grand nombre semblent par leur organisation destinées au contraire à rester dans ce cantonnement. En sortent-elles, trois causes agissent sur elles : les climats, la nourriture et l’esclavage, et les font dégénérer.
L’homme primitif était blanc et avait les cheveux bruns, il occupait au centre de l’Asie l’un des endroits habitables les plus élevés du globe, une grande bosse, d’où sortent les chaînes de montagnes. Là il se multiplia, des familles en descendirent et émigrèrent en diverses directions où elles formèrent des colonies et se plièrent aux climats. La taille et la couleur surtout se sont modifiées. Les Germains d’autrefois étaient plus grands parce qu’ils prenaient des bains, menaient une existence rude et buvaient de l’eau ; leur taille moindre aujourd’hui prouve qu’ils ont dégénéré. Le froid aussi a une action sur la taille, il l’augmente ou la diminue également, témoins les Patagons et les Lapons. Les belles formes, les traits distingués sont l’effet des climats doux et tempérés. La couleur noire des nègres vient du soleil qui leur a grillé la peau. Les Portugais qui s’établirent au quatorzième siècle aux environs du Sénégal ne peuvent à présent être distingués des nègres. Les juifs d’Abyssinie sont devenus tout noirs. La peau s’est endurcie chez les nègres au point que leurs cheveux sont obligés de s’enrouler pour se frayer une voie au dehors
(1) John Hunter, Dissertatio critica quædam de hominnm varietatibus et harum causis ex[0?iens. Edimbourg, 1775. — Dissertation sur les variétés humaines tt les causes de ces vat iétés.