‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 69 sur 980 · HISTORIQUE. — ZIMMERMANN · texte numérisé non relu

HISTORIQUE. — ZIMMERMANN

(de Paw). Le nez du nègre est épaté parce que dans le pays des Hottentots les mères dilatent les narines de leurs enfants avec les doigts (Kolbe), ou que dans le golfe de Guinée les femmes portent les enfants sur leur dos le nez appuyé sur leur échine (Barbot). Quelles que soient les explications, il n’est pas douteux que ces changements se sont produits après le départ de leur cantonnement primitif.

Cette diffusion s’est faite par quatre courants : un premier passa entre les monts Ourals et le Caucase et peupla l’Europe ; un second, au nord, se répandit en Sibérie, dans les Kouriles et en Amérique ; un troisième se porta vers l’Arabie et les Indes, et s’allongeant vers l’Afrique, produisit les nègres; un quatrième enfin à l’est donna naissance aux Chinois et aux Coréens. C’est une explication des quatre races de Linné.

Je ne quitterai pas Zimmermann sans rapporter un mot de lui. Le système de classification des animaux de Linné n’est pas celui de la Nature, dit-il, mais il est bien préférable au système de « l’ataxie totale » de Buffon (1).

Biumeubacii, auquel nous arrivons, est, après Buffon, la plus grande figure de l’histoire de l’anthropologie. Quelques-uns l’ont mis au premier rang, nous ne partageons pas leur avis. Buffon avait soixante-huit ans et publié la totalité de son Histoire naturelle de l'homme et des quadrupèdes , y compris les volumes correspondants du Supplément lorsque Blumenbach, âgé de vingt-cinq ans, passa sa thèse sur la Diversité naturelle du genre humain. Buffon avait une étendue de vues que n’a jamais possédée Blumenbach. Ce dernier était un Daubenton, si l’on veut ; il s’inspire de Buffon et le complète. La succession de ces deux genres d’esprit était nécessaire pour assurer l’entier développement de la science naissante. Après eux on pourra dire que l’anthropologie est désormais fondée.

Il faut distinguer, il est vrai, dans Blumenbach deux hommes absolument différents. L’un est le naturaliste du dix-huitième siècle qui, jeune encore, a écrit la première édition, la seconde, on peut même ajouter la troisième édition d’un livre excellent où il résume avec talent et méthode les travaux de ses maîtres et qu’il augmente peu à peu. L’autre est l’auteur des Décades craniorum dont la publication, commencée avant la fin du dix-huitième siècle, se termina loin dans le dix-neuvième siècle. Ce dernier appartient à notre propre siècle, il commence l’école des Yan der Hœven, Vrolik, Baer, Lucœ, Welcker en Allemagne. C’est de Blumenbach, l’auteur de la Diversité naturelle du genre humain, celui dont quelques-uns ont prétendu faire le fondateur del’anthropologie mo-

(1) F. H. G. Zimmermann, Geographiæ zoologicæ quadrupedum domicilia et migrationes sistens. Lugd. Bat., 1777, traduction française de l’article sur l’homme. Cassel, 1784. Le traducteur est anonyme et ajoute des réflexions, tirées d’une Anthropologie comparée , ditil, qu’il a mise plusieurs années à rédiger, qu’il a perdue par accident et qu’il ne peut recommencer. Ses réflexions montrent que ce qu’il entendait sous ce titre devait être le parallèle de l’homme et des singes.

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