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CHAPITRE III

derne que nous voulons parler. En lui nous ne voyons qu’un continuateur direct de Linné, l’anatomiste développant la partie technique de la vaste science que sous le nom d’histoire naturelle de l’homme, Buifon venait de séparer de l’histoire naturelle générale.

Blumenbach est né à Gotha en 1753 et mourut à Gœttingue, professeur d’anatomie, en 1840. Il fut l’ami de Semmering à l’université d’Iéna et l’élève de Haller à l’université de Gœttingue. Le sujet de sa thèse inaugurale lui fut inspiré par une leçon qu’il entendit « sur l’homme, d’après la douzième édition du Systema naturæ de Linné ». Ses œuvres sont les suivantes :

1° De generis humani varietate nativa, thèse inaugurale, titre qui a été rendu comme il suit, par son traducteur français Chardel : l 'unité du genre humain et de ses variétés ; par Flourens : Yunité de l'espèce humaine ; par Bendyshe en anglais : la variété naturelle de i humanité. Pour éviter toute ambiguïté avec l’idée de « variétés » ou d’autres, nous préférons et adoptons : la diversité naturelle du genre humain. La première édition parut en 1775, la deuxième en 1781, la troisième en 1795 (1).

2° Les Contributions à l'histoire naturelle dont une série parut en 1806 et une autre en 1811.

3° Les Décades craniorum qui ont fait sa réputation de crâniologiste, publiées, les cinq premières livraisons, de 1790 à 1808, les suivantes en 1820 et 1828, la dernière en 1873.

4° Diverses monographies anthropologiques en 1784, 1833, etc.

Pour comprendre Blumenbach il faut examiner son œuvre sous les aspects suivants : 1° les conditions dans lesquelles il s’est servi du mot anthropologie ; 2° le plan méthodique qu’il a suivi et qu’ont adopté à son exemple les anthropologistes de nos jours ; 3° sa façon d’entendre l’espèce, la race, les règnes organisés dans leur ensemble et les classifications ; 4° la méthode descriptive qu’il a inaugurée pour les caractères et les types ; 5° son rôle comme crâniologiste.

Le mot anthropologie est ancien et a toujours signifié, entre les mains des philosophes ou des savants, l’étude de l’homme (de àv9pw7ioç, homme et Xoyo'ç, discours). Aristote, comme on l’a vu, désignait sous le nom d 'anthropologues ceux qui dissertaient sur la nature morale de l’homme. Au seizième siècle il reparaît dans le même sens. En 1501, Magnus Hundt écrit un volume sous le titre de Anthropologia , de hominis dignitate , natura et proprietatibus. En 1533 et 1596 Galeazzo Capella et Gasmann Otho en publient d’autres sous le même nom à peu près et dans le même sens. Dans le même seizième siècle il apparaît dans une

(1) Blumenbach (Fr. -J.), De generis humani varietate nativa , Gœttingue, lre édit. 1775, 3e édit. 1795. — Chardel, Unité du genre humain et de ses variétés , par Blumenbach, trad. fr. sur la 3e édit, précédente. Paris, 1808. — Œuvres anthropologiques complètes de Blumenbach, traduct. angl. par M. Bendyshe (Thomas), publiées par The Anthropological Society , London, 1865.

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