CHAPITRE XXII
ne donne un trou occipital horizontal, par rapport à la base du crâne cérébro-facial. Lorsqu’on dit que le trou est au milieu de la base chez l’homme, on commet une erreur; il l'est, si l’on veut, par rapport au crâne cérébral, mais il reste toujours en arrière par rapport au crâne cérébro-facial total. En somme si l’on considère la direction du trou occipital, il y a un hiatus entre l’homme et les anthropoïdes : son plan se relève en arrière encore chez les anthropoïdes, il se relève toujours en avant chez l’homme adulte (à très peu d’exceptions près). De même si 1 on considère la situation du trou à la base, on trouve un intervalle considérable entre celle de l’anthropoïde et celle de l’homme, quoique chez les deux elle soit en arrière du milieu de la base cranio-faciale.
Ces dispositions sont en rapport avec les stations quadrupède ou bipède, et avec l’équilibre de la tête. Chez les quadrupèdes où la partie la plus lourde de la tête est pendante vers le sol, le trou occipital est en arrière et plus ou moins oblique. Chez les bipèdes, c’est-à-dire chez l’homme qui seul rentre dans cette catégorie, où la partie pesante à supporter est la boîte cérébrale et son contenu, mais où cependant le poids de la face entre pour une certaine part, le trou occipital est placé en dessous, encore en arrière, mais un peu relevé par son bord antérieur en avant et en haut, pour reporter eh arrière l’excès de poids qui sans cela ferait basculer la tête en avant. L’homme en définitive a sa tête sensiblement en équilibre dans 1 attitude bipède, malgré la situation défavorable du trou occipital un peu en arrière. A cela cependant il faut ajouter que le véritable axe d’équilibre de la tête passe non par le centre du trou occipital, mais par son tiers antérieur, autrement dit par les condyles.
La double différence saisissante que donnent ainsi à la fois la situation et la direction du trou occipital partage en somme la série des mammifères en deux groupes généraux, l’un ne comprenant que les hommes, l’autre comprenant tous les animaux. Mais ce dernier se subdivise en trois, le premier pour les anthropoïdes, le second pour les singes, le troisième pour les autres quadrupèdes. Après le volume du cerveau et de la capacité crânienne, il n’est pas, je crois, de caractère zoologique plus décisif. Entrons dans les détails et prouvons.
Sœmmering assurait que le trou occipital est plus en arrière dans les races nègres. M. Owen professe qu’il est exactement au milieu de la base du crâne chez les blancs comme chez les nègres. Jeffryes Wyman le premier en 1860, et Broca le second en 1862, sans connaître les travaux de son devancier, ont cherché à trancher le différend.
Voici comment opéra Wyman. Le crâne étant renversé sens dessus dessous et orienté horizontalement par rapport au diamètre antéro-postérieur maximum, deux fils à plomb se détachaient d’une potence à bras gradué, placée au-dessus; l’un des fils effleurait le basion en pendant dans le trou occipital, l’autre était tangent au point maximum postérieur de l’occipital. C’est donc la projection du crâne en arrière du basion, ou