HISTORIQUE. — BLUMENBACH
autre acception, il concerne l’homme physique, Anatomica seu anthropologia , dans un livre de Jean Riolan. Dans le dix-huitième il revientàla synonymie de « description du corps et de l’âme ». Pendant la seconde moitié surtout il est très répandu dans la langue philosophique de l’Allemagne. 11 s’applique à tout ce qui touche l’homme et sert de titre à une foule de livres : Anthropologie médicale et philosophique, par Platner, 1772; Anthropologie physiognomomque, par Maas, 1791. Kant partage son cours de philosophie à l’université de Kœnigsberg en deux parties : l’hiver il professe « l’anthropologie », et l’été « la géographie physique ». En France et en Angleterre il figure dans une foule de dictionnaires toujours dans le sens de description du corps et de l’âme. En 1772, Diderot et d’Alembert le définissent un « traité sur l’homme ». En 1778 un ouvrage à Lausanne porte le titre de : Anthropologie ou science générale de V homme. En 1784 le traducteur de Zimmermann, ainsi qu’on l’a vu dans la note de la page 57, se servait des mots d’anthropologie comparée, dans le sens que Broca plus tard donna à ceux d’anthropologie zoologique. C’est en 1795 que Blumenbach en fait usage par deux fois dans la préface de sa troisième édition dédiée à sir Joseph Banks. Son mérite n’est donc pas d’avoir émis le mot dans son sens actuel, mais de l’avoir appliqué le premier avec justesse à l’ensemble des matières dont il traitait dans son livre (1). Rudolphi, auquel Barnard Davis a fait honneur du premier emploi exact du mot, ne vint que seize ans après (2).
Le second point sur lequel nous devons nous arrêter est la façon dont Blumenbach divise et subdivise ses matières, c’est-à-dire comprend le programme de l’anthropologie dans ses parties fondamentales. Nous n’avons pas fait autrement depuis.
Il partage son sujet en quatre parties : 1° le parallèle de l’homme et des animaux et en particulier des singes; 2° les différences constatées chez les animaux au sein de l’espèce et leurs explications par la dégénération (c’est-à-dire par l’action des milieux); 3° les mêmes sujets transportés dans le genre humain ; 4° les conclusions : cinq variétés humaines principales, une espèce. La ressemblance avec la manière actuelle de considérer l’étude de l’homme s’étend jusque dans les détails. Les différences entre les hommes ouïes animaux sont distinguées par lui en extérieures et intérieures, physiologiques, psychologiques et pathologiques; chaque caractère est étudié en lui-même, puis dans ses formes les plus tranchées ou, comme on dit aujourd’hui, dans ses formes typiques opposées, et enfin associé à d’autres caractères pour constituer le type de race.
Le troisième point est sa façon de considérer ^ensemble des règnes
(t) James Hunt, Discours anniversaire , p. xcii, in Anthr. Review, avril 18G5. — Bendyshe, Histoire de L'anthropologie, p. 356, vol. I, Mém. Soc. anthr. de Londres. — Georges Pouchet, Les études anthropologiques in Revue positive, 1867. — Topinard, Anthropologie, ethnologie et ethnographie , p. 169, 223, 300, 302, in Bull. Soc. Anthr. de Paris, 1878.
(2) Rudolphi, Beitrage zur Antropologie und allgerneine Naturgeschichte. Berlin, 1812.