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CHAPITRE XXII

quelquefois même au-dessous du point alvéolaire ; chez les jeunes anthropoïdes elle descend à peine au-dessous de ce point et peut remonter audessus ; chez les anthropoïdes adultes elle descend au-dessous du menton ; enfin, chez les singes, les carnassiers, les pachydermes et notamment le porc, sa pointe se porte de plus en plus obliquement en bas jusqu’à de-

Fig. 134. — Niveau occipital de Broca.

venir verticale : le plan du trou occipital prolongé forme à ce moment un angle droit avec la direction générale de la tête et du museau. La figure schématique permet de suivre ces mouvements successifs de H à P.

Pour exprimer cet aperçu Broca a imaginé pour l’homme de désigner par des lettres la série de bas en haut des points auxquels aboutit ce niveau. Les voici, avec l’organe correspondant :

A — Alvéole, point alvéolaire supérieur.

E = Épine nasale.

I = Intermédiaire ; il répond au cornet inférieur des fosses nasales.

O = Orbite ; bord inférieur de l’orbite.

U = Unguis ou os lacrymal.

N = Nasion ; racine du nez.

On indique deux lettres lorsque le niveau tombe entre deux de^ces points, et -f N ou — A lorsqu’il tombe au delà ou en deçà des deux lettres extrêmes. Mais ce n’est là qu’un procédé provisoire du genre de ceux dont on se sert pour soulager la méthode descriptive ; il n’empêche pas de recourir aux mensurations. Commençons par l’angle de Daubenton, le doyen des angles crâniométriques (voir page 68 et fig. 135).

Toute inclinaison de ligne se mesure par un angle, en rapportant celleci à une autre ligne réputée fixe. Daubenton choisit la ligne opisthio-sousorbitaire allant de l’opisthion au bord inférieur de l’orbite. Il conclut que l’angle ouvert en avant auquel elle donne lieu est de 3° au-dessous de la ligne de repère chez l’homme, de 37° chez le chimpanzé, de 47° chez un maki et, à en juger par ses figures, de 80° chez le chien et de 90° chez le chevalet les quadrupèdes ovipares. Mais il ne dit pas comment il l’a déterminé, et Broca, pour le relever exactement sur un grand nombre de crânes, dut faire construire un goniomètre occipital représenté sur la figure ci-jointe, ainsi que les angles auxquels il s’adapte.

Yoici sur l’angle de Daubenton les conclusions, non de 1873, mais

ANGLES OCCIPITAUX.

de 1877, de Broca. La ligne prolongée du plan du trou occipital aboutit en général effectivement au-dessous du plan opisthio-sous-orbitaire en donnant lieu à un angle dit positif ; mais quelquefois même dans des moyennes elle passe au-dessus en donnant lieu à un angle dit négatif. L angle positif de Daubenton varie considérablement cliez 1 homme, suivant les individus et suivant les races, il donne des différences pouvant atteindre 35° et est Lun des caractères les plus variables de la crâniométrie. Loin de creuser un abîme entre les hommes et les anthropoïdes comme le pensait Daubenton, il n’établit entre eux qu une démarcation incertaine, franchie quelquefois par les écarts individuels, il est la ré-

Fig. 135. — Goniomètre occipital en place, mesurant l’angle de Daubenton.

B O, trou occipital; A B O A', plan du trou occipital prolongé dans les deux sens; D' D O, ligne sous-orbito-opisthiaque de Daubenton ; A' O D" = D' O A, angle de Daubenton ; C O, ligne naso-opisthiaque de Broca; CO A, angle occipital de Broca; B B, ligne naso-basilaire ; B B A, angle basilaire de Broca,

sultante de plusieurs facteurs, dont l’un seulement est l’inclinaison du trou occipital, et dont la résultante du reste ne manque pas d’un certain intérêt pour la distinction et la caractérisation des races. « L’angle de Daubenton perd donc l’importance zoologique qu’on lui avait attribuée comme caractéristique absolue de l’homme, mais il prend rang au nombre des caractères anthropologiques les plus remarquables, car si au lieu de considérer les individus on considère les moyennes ethniques, on reconnaît qu’il établit, entre les races humaines des divers* types, des différences bien tranchées et conformes le plus souvent à la gradation hiérarchique de ces races (1). » Cette appréciation de Broca, que nous croyons un peu forcée

1) P. Broca, Sur l’angle orbito-occipital..., in Rev. d’antlirop., 1877, p. 394. Voir avant : P. Broca, Recherches sur la direction du trou occipital et sur les angles occipitaux et basilaire... in Revue d’Anthrop., 1873, p. 194-234.

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