CHAPITRE XXII
Il reste à voir si cette gradation s’arrête à l’homme ou si elle continue clans son sein, de façon à donner un caractère anthropologique de quelque valeur. La liste suivante y répond. Elle ne comprend pas autant de cas que j’eusse voulu, mais ces angles ne se prennent avec exactitude que sur les crânes sciés dans le sens antéro-postérieur, qui sont peu communs dans les musées.
J’y ajoute l’angle de Landzert.
Angles sphénoïdaux.
An
20 Parisiens .
22 Nègres d’Afrique....
6 Néo-Calédoniens.. ..
2 Chinois .
3 Malais des Célèbes..
3 Noirs de l’Inde .
;le de Welcker.
Angle de Landzert.
M. Welcker a obtenu sur 30 Allemands 134° pour son angle et sur 6 nègres 144. La conformité de ce premier chiffre avec le nôtre donne à croire que nous avons opéré correctement de la même façon; dès lors son chiffre pour les nègres disparaît devant le nôtre, en vertu de la loi du plus fort. Le même motif nous invite à être réservé avec nos Néo-Calédoniens, et encore plus avec les autres. En somme, tenant compte aussi de l’angle de Landzert et aussi, dois-je ajouter, de ces détails qui font que l’opérateur accorde plus ou moins d’importance à certains cas, je conclus que les différences moyennes entre races humaines résultant de la poussée de la face vers le crâne que mesurent les angles sphénoïdaux sont sans valeur pour caractériser quelques races. Notre formule antérieure se confirme ainsi : bon caractère zoologique, mauvais caractère anthropologique.
Les caractères zoologiques qui précèdent ont trait à la séparation de la face et du crâne, dans leurs parties profondes dérobées au regard sur le crâne complet. Le complément de cette étude est l’examen de leur séparation superficielle, en avant vers le front. La limite entre les deux est particulièrement importante à connaître au point de vue de la craniométrie, et ensuite de la céphalométrie. Elle aboutit à fixer le point de repère sur la ligne médiane, le meilleur ou le plus pratique dans les deux circonstances, comme point commun de démarcation.
Séparation «lu front et «le la face : opliryon et point sourcilier. —
Lorsqu’on suit la courbe du crâne sur une coupe on la voit, après le métopion, s’abaisser verticalement jusqu’à la hauteur des gouttières ethmoïdales (fig. 143), et là brusquement se couder à angle droit et se diriger horizontalement en arrière. En prolongeant en avant cette direction horizontale, on aboutit à la suture nasale dans la généralité des cas, quelquefois à plusieurs millimètres au-dessus, jamais sensiblement au-dessous.
OPHRYON ET POINT SOURCILIER.
Cette partie soi-disant horizontale, ou mieux toute la partie de la face inférieure de la cavité crânienne qui est en dehors, est le plancher sur lequel reposent les lobes frontaux, l’étage supérieur de la base, en un mot les fosses frontales. Prolongée en avant, quelle est la partie du front à laquelle ceplan-
Fig. 146. — Base de la cavité crânienne.
1, fosses cérébrales antérieures ou frontales; 11, fosses cérébrales moyennes; 18, fosses cérébrales postérieures ou cérébelleuses; 4, trou borgne; 3, apophyse crista-galli ; 5, lame criblée de l’ethmoïde ; 2, petites ailes du sphénoïde; 7, trou optique; 6, éphippium ; 13, selle turcique ; 14, clivus ; 21, trou occipital.
cher aboutirait au faîte de la face ? Telle est la question. Notons d’abord, ainsi que nous l’avons montré, qu’il n’y a qu’une correspondance de niveau à chercher, et qu’entre les deux lames de la paroi du crâne s’interposent chez l’adulte des sinus qui sont des annexes des fosses nasales et s’étendent de la façon la plus imprévue, comme nous en avons déjà dit quelques mots page 659, et comme le montre la figure 74, en haut jusqu’auprès des bosses frontales, en dehors jusqu’auprès de la fosse lacrymale, et en arrière dans l’épaisseur du plafond de l’orbite.
Lorsqu’on regarde la cavité crânienne par l’intérieur, la première chose à noter c’est que Y inflexion de la courbe, d’antérieure devenant inférieure, est arrondie de haut en bas, en sorte qu’on ne peut dire où est mathématiquement le point relativement anguleux de cette inflexion. La seconde, c’est que le plancher des fosses cérébrales antérieures est très mamelonné, très irrégulier, s’incline dans deux sens d’avant en arrière et de dehors en dedans, et ne répond nullement à l’horizontalité antéropostérieure des gouttières ethmoïdales sur la ligne médiane. L’inclinaison de dehors en dedans, en avant là où est l’inflexion ci-dessus, est particulièrement oblique, ou mieux arrondie et convexe. Il est évident déjà qu’une ligne exactement transversale à la base du front, répondant au plan