‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 708 sur 980 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

prolongé des fosses frontales, ne saurait être espérée. L’expérimentation résout la question. Soit des coupes antéro-postérieures de toutes races et le compas glissière. Si, en tenant cet instrument horizontalement, on comprend la paroi antérieure de la cavité entre ses deux branches, et qu’avec un crayon, au fur et à mesure que la branche interne suit l’inllexion pseudo-anguleuse dont nous avons parlé, on suive le trajet de l’autre pointe à la face antérieure du frontal, on obtient en dehors la reproduction exacte de la direction et de la correspondance de la ligne cherchée.

On voit alors que le prolongement des fosses frontales au-dessus des orbites est dessiné par une courbe plus haute en dehors, qui s’abaisse progressivement et descend à son extrémité interne, jusque dans l’épaisseur de l’apophyse orbitaire interne, à quelques millimètres au-dessus de la suture nasale. En somme le dessin répond invariablement au point culminant, dans toute leur étendue, des saillies sourcilières, non pas à leur versant du talus supérieur, mais à leur crête. Les variantes sont plus souvent en faveur du versant inférieur, surtout chez la femme. La ligne se redresse quelquefois en dehors ; d’autres fois elle s’abaisse, mais en général elle est horizontale dans la partie où la crête sourcilière cesse d’être visible. Il n'y a donc pas à trouver une ligne horizontale répondant à la base des lobes frontaux à l’extérieur du crâne. Si l’on tient à avoir une approximation à cet égard, c’est le milieu de la partie bien visible de la crête sourcilière qu’il faut prendre et le relier au milieu semblable du côté opposé par une ligne transversale. Le point médian sur le trajet de celle-ci devient le point inter sourcilier .

Yoilà pour la limite moyenne du crâne cérébral par en bas. Quant à la face, elle remonte plus haut. J’ai dit que les sinus frontaux lui appartenaient, qu’ils dépassent plus ou moins les crêtes sourcilières, et qu’en dehors l’apophyse orbitaire externe tout entière est une dépendance de la face.

Or, Broca détermine son ophryon à l’aide du diamètre frontal minimum chez les Européens et, dans les autres races où très souvent les lignes courbes temporales tardent trop à diverger ou même convergent, en se guidant soit sur la profondeur de la fosse lacrymale d’où il reporte le niveau au dehors, soit sur un petit ressaut de la crête temporale qui indique le commencement de la racine de l’apophyse orbitaire externe. Le premier moyen étant intidèle, pour le moins dans les races non européennes et du propre avis de Broca, il n’y a pas lieu de s’y arrêter. Les deux autres moyens donnent le point maximum le plus élevé de la face, en laissant de côté les sinus frontaux dont il est impossible de connaître l’extension chez l’homme adulte.

L’ophryon de Broca ne donne donc pas la correspondance de la limite de la base du cerveau, en avant, mais bien la limite la plus élevée appréciable de la face. Il coïncide quelquefois avec le point inter-sourcilier lorsque la racine de l’apophyse orbitaire externe commence bas. Mais le

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