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MÉTHODE DES PROJECTIONS

trouve soment son emploi, c’est le médian-vertical antéro-postérieur qui coupe ce parallélipipède en deux parties égales.

La première condition de la méthode des projections en craniométrie, aussi bien que dans la cranioscopie approximative par les yeux, suivant les procédés de Blumenbach, d’Owen, de Laurillard, etc., est donc d’adopter un système d’orientation du crâne, uniforme non seulement pour un môme crâne lorsqu’on veut étudier successivement ses six faces, mais encore pour tous les crânes dont on veut comparer entre elles les projections. Ce système doit être réglé dans sa détermination et dans ses moyens d application de la façon la plus rigoureuse, de façon à ce que rien ne soit laissé au modus faciendi individuel. C’est le point de départ forcé de la méthode.

Le défaut d entente dans toutes les parties du monde anthropologique, sur cette base d’opération, ou l’ignorance, de la part de beaucoup, de l’influence extraordinaire qu’elle a sur les résultats ultérieurs, sont le grand obstacle aux progrès de la méthode, si féconde cependant lorsqu’elle est sciemment employée. Le moindre abandon, la moindre faiblesse dans cette orientation a des conséquences désastreuses. La méthode est bonne ou mauvaise, les projections prises sont excellentes ou trompeuses, suivant le point de départ, il n’y a pas de milieu.

Broca racontait les bévues arrivées à quelques auteurs par leur négligence à suivre les principes, lorsqu’ils avaient eu à faire dessiner des crânes. L’un d’eux, voulant démontrer qu’un certain crâne était prognathe, le donne à un artiste en se bornant à lui dire de le représenter vu d’en haut. L ouvrage paraît, il y avait contradiction entre la figure et le texte, le crâne paraissait orthognathe : le dessinateur, croyant bien faire et ignorant sans doute la règle, avait incliné le crâne tant soit peu ; tandis que le front se portait en avant, la mâchoire basculait en arrière et se dissimulait. Et voilà comme avec le même crâne on prouve tout ce qu’on veut lorsqu’on s’écarte des principes.

Soit le corps ABGD (fig. 149), l’observateur le regarde de haut en bas suivant la méthode orthogonale et a l’image A'BGD'. Qu’on redresse le haut de la figure ou, ce qui est la même chose, que l’observateur se porte légèrement en arrière, l’image se transforme et devient A^B'^'D". Supposez que D soit 1 extrémité des dents, c’est le mécanisme de la conversion d’un prognathe en orthognathe. Ce genre d’erreur se produit avec la plus grande lacilité dans 1 emploi de la méthode des projections, et prend les formes les plus variées. Page 742, à propos des positions fantaisistes que l’on donne au crâne pour faire ressortir les déformations, j’en ai montré deux exemples.

Lorsqu on se sert de la planche à projection de Broca, modifiée et adaptée par moi au plan alvéolo-condylien, les différences qui résultent du moindre changement dans l’orientation sont mises en relief avec la dernière évidence : il suffit d’exhausser le crâne de quelques millimètres soit

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