CHAPITRE XXIII
en avant soit en arrière : on n’y voit rien, il semble quetout soit dans le même état, et cependant les projections avec l’équerre placée au contact du point alvéolaire ou de l’occiput accusent des excès ou déficits énormes, généralement doubles et triples de la quantité de l’exhaussement.
Dans la mesure de l’angle alvéolo-condylien et dans les expériences sur la valeur comparée des plans d’orientation des divers plans proposés, il suffit de l’épaisseur non d’une carte, mais d’une feuille de papier élevant un peu l’avant ou l’arrière du crâne pour augmenter ou diminuer l’angle de plusieurs degrés parfois. La méthode des projections est admirable, mais d’une délicatesse désespérante.
Fig. 149. — Effet du déplacement du crâne sur les projections.
Aussi le mode d’orientation une fois décidé, ne doit-on jamais s’en départir ni en traiter l’application avec légèreté. Que quelquefois pour son propre compte on se contente d’une orientation approximative, c’est admissible, mais dès qu’on livre ses mesures au public, on se doit à soimême de procéder strictement. Ce n’est donc pas par les yeux qu’il faut opérer, en tenant plus ou moins adroitement son crâne, visant de son mieux les points de repère et s’efforçant qu’il ne remue pas pendant qu’on prend sa mesure ; mais en vérifiant exactement l’orientation à l’aide d’un système d’équerre ou d’un appareil spécial, et veillant à ce que les deux côtés du crâne soient symétriques. L’upération d’orienter un crâne est si minutieuse, si longue, je ne dirai pas quelquefois mais toujours, avec certaines des lignes ou des plans d’orientation proposés, que l’une des conditions qui doivent peser le plus dans le choix du plan à adopter, c’est sa commodité dans la pratique, vis-à-vis des instruments qui doivent manœuvrer autour du crâne.