METHODE DES PROJECTIONS
La méthode des projections, pour donner ce qu’elle promet, doit en effet être appliquée directement sur le crâne et non sur des dessins dans lesquels les causes d’erreurs s’accumulent, spécialement sur les dessins qui ne sont pas faits mécaniquement en quelque sorte et en une seule opération, comme avec le stéréographe Broca. Toute ligne, tout plan qui ne permet pas au crâne de s’orienter de lui-même en quelque sorte, autrement dit dans lequel le système d’orientation est indépendant du système de suspension du crâne, est par cela seul dans des conditions d’infériorité vis à-vis d’autres plans le valant. Il ne suffit pas en effet que le crâne soit correctement orienté, il faut aussi qu’il soit soutenu et immobilisé sans artifices trop grands, en un mot qu’il demeure abordable.
Un plan se détermine par trois points, une ligne par deux; le plan oriente complètement, la ligne non, elle exige le concours de la ligne semblable du côté opposé. C’est une perte considérable de temps pour arriver à les faire coïncider exactement, si l’on veut procéder correctement et tirer de la méthode, non des illusions mais des résultats rigoureux dignes de la craniométrie. La craniométrie, on ne saurait le répéter, est une science de précision, si on lui retire cet attribut elle perd sa raison d’être. Quoi qu’on fasse, vu l’instabilité des formes crâniennes et la défectuosité des instruments, les erreurs sont forcées, mais il faut les réduire au minimum et pour cela, de propos délibéré, ne pas se contenter de méthodes et de procédés vicieux. Il résulte de ces considérations que toute la valeur de la méthode des projections réside dans l’observance exacte de ses principes et dans le choix d’un plan plutôt que d’une ligne d’orientation, commode et permettant la mensuration directe des projections.
Flan «l’orientation «in crâne. — Il ne faut pas confondre avec les lignes ou points de repère propres à donner au crâne une attitude conforme à celle qu’il possède sur le vivant, certains points, lignes ou plans que l’on a pris arbitrairement ou en partant d’une idée anatomique, pour leur rapporter d’autres points ou lignes jetant quelque lumière sur la configuration générale du crâne.
Le crâne est un corps protéiforme dont toutes les parties peuvent se développer inégalement et irrégulièrement d’une façon indépendante. En outre de l’expansion générale de la cavité crânienne et de ses parois, qui s’opère autour du basion ou du centre du trou occipital et retentit plus ou moins dans le sens de tel ou tel rayon basilaire ; et de l’accroissement de haut en bas de la face prenant un point d’appui sur son plan d’union avec le crâne, il se fait partout des sortes de croissances particulières et sur place qui ont lieu, comme capricieusement, sans fixité quelconque relativement à n’importe quel point voisin. Le basion, qui s’indique si naturellement comme le point central naturel de la tête, est lui-même variable, dans sa hauteur et sa situation plus ou moins en avant ou en arrière, ainsi qu’on l’a vu dans le chapitre précédent. On le prend avec raison