‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 730 sur 980 · PLAN D’ORIENTATION A ADOPTER · texte numérisé non relu

PLAN D’ORIENTATION A ADOPTER

anatomiques, ne donnant place à aucun arbitraire, au nombre de trois au moins. La plupart remplissent cette condition. Le plan de Baer et celui de Lucæ sont mauvais à ce point de vue : le bord supérieur de l’arcade zygomatique est une ligne trop courte, souvent irrégulière, dont on peut tracer la direction de différentes façons ; l’axe de l’arcade est également indécis. Ce sont sans doute les motifs pour lesquels les Allemands les ont abandonnés.

2° Il devra dans les moyennes être sensiblement parallèle, à quelques degrés près, au plan étalon précédent et, dans les cas individuels, présenter le moins de variations possible. Si quelques-uns répondent bien assez à la première indication, aucun malheureusement ne satisfait à la seconde. Les cas individuels sont l’écueil inévitable de toutes les mesures par projection plus encore que des mesures ordinaires, celles-ci ne dépendent que d’elles-mêmes, les premières se ressentent en plus des variations du plan auquel on les rapporte. Il est évident que si on mesure une projection sur un seul sujet d’après un plan offrant un écart considérable, les projections seront illusoires ; que si on les relève sur un très petit nombre de sujets chez lesquels le hasard a réuni des plans défectueux dans le même sens, le résultat sera encore illusoire ; tandis que si l’on opère sur des séries suffisantes, les écarts inverses des plans et par conséquent des projections auront toutes chances de se neutraliser, la moyenne des projections demeurant valable comme la moyenne des plans. Les variations étant forcées avec tous les plans proposés, il en résulte que dans les projections plus peut-être que partout, on ne doit opérer que sur des nombres convenables.

3° Enfin il devra être commode et par là je ne veux pas parler de son application sur des dessins, car là le plan étalon a une supériorité indiscutable sur tous, mais de son application à la mensuration directe du crâne. Tout plan qui ne peut servir que sur des dessins ne mérite pas d’être pris en considération.

La première qualité, avons-nous dit, est qu’il soit facile à déterminer, c’est-à-dire sans le concours d’équerres et autres systèmes qui font perdre un temps infini et mettent la patience à une trop grande épreuve. Par là le plan de Camper est supérieur à certains autres; il n’a que trois points dont il faille établir l’horizontalité, un à l’épine nasale, un à chaque trou auditif ; il n’y a qu’à promener l’équerre de l’un à l’autre, en n’oubliant pas que c’est le centre exact du trou qu’il faut trouver, ce qui n’est pas toujours facile. Les plans de Schmidt, de Munich et de Ihering demandentplus de temps, ils ont quatre points dontla hauteur exacte est à déterminer. Tandis qu’on s’assure que l’un est bien, le déplacement opéré pour l’immobiliser dérange l’un des autres points. Aucun crâne n’étant symétrique, les deux lignes de chaque côté à mettre sur le même plan ou à peu près ne sont pas à la même hauteur ; pendant que d’un côté l’un des points s’élève, le congénère du côté opposé s’abaisse. Il faut

Page 1