HISTORIQUE. — PREMIÈRES CLASSIFICATIONS DE RACES
L’un des premiers classements de ce genre se présente en dehors de notre monde occidental, chez les Chinois. Suivant le père Amyot, ils avaient rangé les populations connues d’eux en cinq groupes, d’après la couleur : une race violette pâle, une tirant sur le jaune, une couleur chair (?), une blanche et une noire. Dans l’un de ces groupes devaient se trouver les blonds et les roux maintes fois signalés dans les annales de Hoang-No, de 200 avant à 200 après notre ère.
Une répartition plus célèbre en quatre races basée sur le même caractère est celle qu’indiquent les monuments égyptiens. Les Rot ou Égyptiens, peints en rouge avec les traits actuels des Fellahs du Nil; les Namu , figurés en jaune avec un nez aquilin, répondant aux Asiatiques ; les Nashu , noirs, représentés avec des traits négroïdes et des cheveux laineux; et les Tamahou (ou hommes du nord, suivant M. Faidherbe), représentés blonds avec des yeux bleus (1). D’autres nuances cependant sont indiquées sur ces monuments, par exemple le jaune, le rouge, l’acajou, associés à des traits nègres et des cheveux laineux.
Peut-on considérer comme un document suffisant le classement des peuples qui ressort des dixième et onzième chapitres de la Genèse, c’est-àdire de l’arbre généalogique des descendants de Noé : Japhet ayant donné lieu aux peuples du nord, Gham à ceux du sud-ouest, et Sein aux Arabes et Israélites? Faut-il, ainsi que les auteurs des Types of mankind, voir dans chacun des individus mentionnés le représentant mythique d’un peuple différent. Dans ce dernier travail il y a une vaste érudition, une profonde connaissance de la langue sémitique, mais aussi beaucoup d’imagination et une certaine torture des étymologies et dérivations de mots. Sous ces réserves, les conclusions des Types of mankind se présentent avec toutes les apparences de la raison. Le savant historien de la Genèse ne connaissait qu’une partie du monde, il a classé et relié d’une façon généalogique, conformément à ses connaissances restreintes, les peuples qui intéressaient les Juifs; mais il a laissé de côté les nègres notamment, qui ne comptaient pas pour lui et n’étaient que des esclaves (2).
Le premier essai, non de classification, ce terme qu’on emploie avec trop de facilité, mais de détermination des sortes d’hommes pour rester dans l’esprit du mot employé par l’auteur, est de François Bernier, d’Angers, qui, en 1684, après avoir parcouru une grande partie de l’ancien continent, rapporta le projet suivant de distribution des peuples qu’il avait rencontrés (3). Nous le résumons brièvement : 1° les habitants de l’Europe
(1) Nott et Gliddon, Types of mankind or Elhnologicalresearch.es. lre édit. Philadelphia, 1854. — 10e édit. Philadelphia, 1871, part. II. Le dixième chapitre de la Genèse, p. 446-716, carte suivant la Genèse , p. 552.
(2) Une nouvelle division de la terre , d'après les différentes espèces de races d'hommes qui l'habitent , envoyée par un fameux voyageur à M. *** à peu près en ces termes , in Journal des Savants du 24 avril 1684.
(3) Piètrement, Sur les blonds des monuments égyptiens , in Bull. soc. anthr., Paris, 1883.