‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 76 sur 980 · HISTORIQUE. — PREMIÈRES CLASSIFICATIONS DE RACLS · texte numérisé non relu

HISTORIQUE. — PREMIÈRES CLASSIFICATIONS DE RACLS

La division des groupes humains en un certain nombre de races ou d’embranchements, étaient à ce moment, comme on le voit, à l’ordre du jour. Ce qu’il y a de singulier, c’est que le besoin s’en manifestait surtout chez les monogénistes ; et que ce n’est pas le chiffre de trois, comme plus tard avec Cuvier, qui était le plus répandu, mais celui de quatre que Linné avait mis en vogue.

Avec Blumenbach, c’est le nombre cinq qui le remplace. Un dénombrement des variétés humaines, dit-il expressément, est impossible. En effet, pour lui il y a une souche unique, la race caucasique, dont les autres sont dérivées par dégénération : deux d’abord, la mongolique et la nègre, et entre elles deux autres formant la transition, l’américaine et la malaise. D’où cinq variétés fondamentales dont une foule d’autres seraient issues à leur tour par dégénération. Blumenbach n’arrive pas d’emblée à ce résultat. Dans la première édition de sa Diversité naturelle , il se rallie à la division en quatre races de Linné, sauf qu’il en modifie la répartition en se guidant sur celle de Bernier, les Lapons de celui-ci étant remplacés par les Américains. Dans la seconde il ajoute les Malais, ce qui porte son chiffre à cinq. Dans la troisième, le seul changement de quelque importance porte sur la dénomination de variété caucasique , qui eut si longtemps cours dans la science, et remplaça la dénomination ^européenne.

En somme sa variété caucasique comprend les habitants de l’Europe moins les Lapons et les Finnois, ceux de l’Asie occidentale jusqu’au Gange et les habitants du nord de l’Afrique, tous blancs ( colore albo). Sa variété mongolique comprend les Asiatiques occidentaux, les Lapons, Samoyèdes et Esquimaux ( colore gilvo , gris cendré). La variété éthiopique porte sur les nègres d’Afrique [colore fusco, brune). La variété américaine embrasse tous les indigènes de l’Amérique moins les Esquimaux {colore cuprino , cuivre rouge). La variété malaise, réunit les Malais et les Polynésiens ( colore badio, bai, basané). Mais de l’une à l’autre toutes sortes de groupes établissent la transition. Ainsi, « tandis que les véritables Polynésiens sont pâles de couleur, grands, et ont des physionomies difficiles à distinguer de celles des Européens, une race mêlée à eux, mais de teint semblable à celui des mulâtres, de taille moyenne, ayant les cheveux laineux, se rapproche des indigènes des îles du Sud, parmi lesquels ceux des Nouvelles-Hébrides en particulier se fondent avec les Papouas et les Australiens, lesquels à leur tour forment la gradation vers la variété éthiopienne. »

Isidore G. Saint-Hilaire dit que Blumenbach fait reposer ses distinctions de variétés principales ou de races sur la couleur. La question est douteuse; dans la première édition il dit bien que c’est le caractère le moins trompeur, mais dans la troisième il avertit qu’un ou deux caractères ne peuvent caractériser les variétés humaines, et qu’il faut en considérer davantage à la fois.

Topinard. — Anthropologie* 9

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