CHAPITRE III
Méthode descriptive. — Ce qui nous conduit à examiner la méthode descriptive inaugurée par Blumenbach, d’abord pour un caractère quelconque et ensuite pour un ensemble de caractères. Rien n’est plus difficile et n’exige autant de tact et de savoir-faire en anthropologie. Blumenbach semble avoir atteint une perfection telle que ses descriptions sur le vivant ou sur le crâne, méritent encore d’être prises pour modèles. On a perfectionné, mais on n’a pas fait mieux. En voici un exemple au hasard : la couleur de la peau, le premier caractère qu’il décrit. Je traduis :
« Quoique la couleur de la peau semble passer par des nuances innombrables du blanc de neige de la fille européenne au noir le plus intense de la négresse de Sénégambie.., on peut en réduire toutes les variétés à cinq classes (types) :
1° La couleur blanche tient la première place, telle qu’elle se rencontre chez les Européens. La rougeur des joues est presque particulière à cette variété, en tout cas elle s’observe à peine dans les autres races.
2° La seconde est la jaune ou la teinte olive, une sorte de couleur intermédiaire à celle du grain de blé et des oranges cuites ou du zeste desséché de citron. Très commune chez les nations mongoles.
3° La couleur cuivrée ou bronzée, c’est-à-dire orange foncée ou une sorte de rouille, ayant une certaine ressemblance avec l’écorce en poudre de la cannelle ou l’écorce de tan. Presque spéciale aux Américains.
4° Couleur basanée, intermédiaire à la couleur de l’acajou frais et à celle d’œillets défraichis, ou encore de la châtaigne. Commune dans la race malaise et chez les insulaires des archipels du Sud.
5° Enfin le brun foncé allant jusqu’au noir de goudron, fréquemment observé chez le peuple éthiopien. »
Je transcris encore la description du second caractère ; les cheveux. « Leurs différences peuvent se réduire à quatre variétés :
1° Les premiers sont d’une couleur brune ou cendrée passant par degrés d’une part au jaunâtre, et de l’autre au noir absolu; souples, longs et ondulés, comme parmi les nations de l’Europe tempérée.
2Ü Les seconds sont noirs, raides, droits et rares, comme dans les races mongoles.
3° Les troisièmes sont noirs, en boucles, épais et exubérants, comme dans les îles du Pacifique.
4° les derniers sont noirs et crépus, comparables à la laine du mouton. Communs chez les Ethiopiens. »
Je reproduis enfin comme exemple de description plus complexe, ce qui regarde les cinq sortes de visage répondant aux cinq races humaines principales :
« 1° Face ovale, droite, les traits modérément marqués. Front arrondi. Nez étroit, légèrement recourbé, en tout cas assez haut. Os malaires non proéminents. Bouche petite; lèvres, particulièrement l’inférieure, agréablement accentuées. Menton plein, rond. (R. caucasique.)