HISTORIQUE. — PREMIERS ESSAIS DE CRANIOLOGIE
2° Face large, et en même temps aplatie et déprimée. Traits confus. Intervalle entre les deux yeux plat et large. Nez aplati. Joues habituellement arrondies, se projetant en dehors. Ouverture palpébrale étroite, linéaire; yeux bridés. Menton assez proéminent. (R. mongolique.)
3° Face large, mais non aplatie et déprimée. Joues proéminentes. Traits vus de profil plus profondément découpés. Front bas. Yeux excavés. Nez un peu relevé, mais proéminent. (R. américaine.)
4° Face étroite, proéminente dans sa partie inférieure. Front bas, ridé. Yeux proéminents, à fleur de tête. Nez épais et à moitié confondu avec les joues, épaté. Lèvres, spécialement la supérieure, pleines et gonflées. Mâchoires écartées, menton fuyant. (Nègre de Guinée.)
o° Face moins étroite, assez proéminente dans sa partie inférieure. Vus de profil, les traits sont plus détachés et proéminents. Nez plein, assez large, empâté et épais (en bouteille). Bouche grande. » (Insulaire de la mer du Sud.)
Premiers essais «ïe erâsiioiog-ie. — Il nous reste à parler des descriptions crânioîogiques de Blumenbach qui, par leur netteté et leur concision, sont toujours dignes d’admiration, quoique une foule d’ouvrages analogues aux Décades craniorum aient paru depuis. Mais auparavant il nous faut jeter un coup d’œil en arrière, sur les débuts obscurs de la crâniologie et sur le rôle qu'ont joué Daubenton et Camper à son origine, quelques années avant la thèse inaugurale de Blumenbach.
Les premiers aperçus relatifs à la crâniologie anthropologique remontent à Yésale. La remarque d’Hérodote qu’il y a des crânes sans sutures (crânes
séniles) et que les crânes des Perses sont plus minces que ceux des Egyptiens, ne mérite guère d’être rappelée.
La théorie des formes anormales, de Galien, s’appuyant sur l’examen de crânes d’animaux, n’a pas plus d’intérêt. Ces formes résultent, prétendaitil, de la soudure de la suture transversale de la voûte. S’agit-il de la suture antérieure, les fosses frontales s’effacent ; s’agit-il de la postérieure, ce sont les bosses pariétales ; une moitié seulement d’une suture transverse est- elle soudée, la bosse correspondante du même côté seule est atteinte. Fallope n’eut pas de peine à réfuter cette doctrine.
Yésale, au contraire, marque une époque lorsqu’il dit que la tête des Génois, et plus encore celle des Grecs et des Turcs, donne l’image d’un globe, tandis que que chez les Belges elle est oblongue et que chez les Germains elle est comprimée à l’occiput, ce qu'il explique très bien par le décubitus dorsal des nouveau-nés dans le berceau, les mains attachées
sur les côtés et le corps emmailloté. Evidemment Yésale a entendu ici la déformation inconsciente produite par le berceau, sur laquelle MM. Broca et Guéniot ont appelé l’attention en 1874 (1). Mais cet aperçu resta isolé
1) Revue d’Anthropologie, 1 875, p: 364, De la déformation oblique ovalaire des nonveau-nés.